Police : trois nouvelles techniques d'interpellation vont remplacer la controversée "clé d'étranglement"

AL
Publié le 30 juillet 2021 à 22h34
Le contrôle d'un livreur à vélo lors du confinement

Le contrôle d'un livreur à vélo lors du confinement

Source : AFP

NOUVELLES DIRECTIVES - Un courrier du patron de la police nationale officialise le remplacement de la technique de la "clé d'étranglement" par trois nouvelles pratiques, graduées selon "la résistance de l'individu".

Cela fait plus d'un an que son abandon avait été annoncé, mais elle était toujours utilisée, faute de nouvelles directives. Finalement, la controversée technique d'interpellation de la "clé d'étranglement" va bien être remplacée. 

Vendredi, un courrier du patron de la police nationale a officialisé l'instauration de trois nouvelles pratiques. Il s'agit de "l'amener au sol par pivot", de "l'amener au sol par contrôle de demie épaule" et de "la maîtrise par contrôle de la tête", lit-on dans ce document que nous avons pu consulter. 

La "clé d'étranglement" présentait "des risques"

L'abandon de "la clé d'étranglement" est justifiée dans ce courrier adressé à tous les hauts responsables de la police. Le directeur général de la police nationale Frédéric Veaux y explique que le rapport de synthèse, confié à l'été 2020 au patron de la police du Val-d'Oise Frédéric Lauze, avait constaté que la technique de la "clé d'étranglement" présentait "des risques""Il est donc décidé d'y renoncer définitivement", confirme le directeur. 

Les trois nouvelles techniques dorénavant enseignées aux policiers sont "des méthodes d'amener au sol et de maîtrise sans avoir recours à une pression continue et prolongée au niveau du larynx". La note précise qu'elles sont basées sur "le principe de gradation de la force en fonction de la résistance de l'individu". 

"Il sera également rappelé que toute forme de pression sur le corps doit cesser dès lors que la personne appréhendée est maîtrisée", prévient également dans sa lettre Frédéric Veaux.

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La "clé d'étranglement", interdite dans certains pays du fait de la dangerosité de cette technique, avait notamment été mise en cause dans l'affaire Chouviat. Ce livreur était mort à Paris en janvier 2020 à la suite d'un contrôle de police. 

À la suite de ce décès, le ministre de l'Intérieur de l'époque, Christophe Castaner avait décidé de l'arrêt de cette pratique, suscitant la protestation de certains syndicats de police. Face à la mobilisation des policiers, le directeur de la police nationale avait permis que cette technique perdure "avec mesure et discernement" en attendant que de nouvelles pratiques soient décidées. Son remplacement est désormais acté. 


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