Policier de la BAC écroué à Marseille : le patron de la police nationale souhaite sa libération

par M.B avec AFP
Publié le 23 juillet 2023 à 21h57, mis à jour le 24 juillet 2023 à 16h24

Source : JT 20h Semaine

Le patron de la police nationale, Frédéric Veaux, demande la libération du policier de la BAC incarcéré à Marseille vendredi.
Quatre policiers ont été mis en examen cette semaine pour violences en réunion en marge des violences urbaines qui ont suivi la mort de Nahel, fin juin.
Un jeune homme de 21 ans dit avoir été passé à tabac par quatre à cinq policiers de la BAC dans la nuit du 1er au 2 juillet.

Le directeur général de la police nationale (DGPN) a déclaré, dimanche 23 juillet, souhaiter la libération du policier de la BAC de Marseille dont l'incarcération depuis vendredi, dans le cadre d'une enquête sur des violences policières commises en marge des émeutes début juillet, a suscité un mouvement de colère des syndicats. "Le savoir en prison m'empêche de dormir", dit Frédéric Veaux, dans un entretien mis en ligne sur le site du journal Le Parisien.

"De façon générale, je considère qu'avant un éventuel procès, un policier n'a pas sa place en prison, même s'il a pu commettre des fautes ou des erreurs graves dans le cadre de son travail", ajoute Frédéric Veaux. "Mais la justice ne cède jamais à la pression médiatique ou de la rue, elle traite les dossiers. L'émotion et la colère passées, il faut se donner les moyens techniques et judiciaires pour que ce fonctionnaire de police retrouve la liberté", ajoute le DGPN.

"Je partage les propos du DGPN", a tweeté dans la soirée le préfet de police de Paris, Laurent Nuñez, ancien préfet de police de Bouches-de-Rhône.

Trois autres fonctionnaires des BAC sud et centre de Marseille, ont été mis en examen dans la nuit de jeudi à vendredi pour violences en réunion par personne dépositaire de l'autorité publique avec usage ou menace d'une arme ayant entraîné une ITT (incapacité totale de travail) supérieure à 8 jours, et placés sous contrôle judiciaire.

Le patron de la police s'est déplacé à Marseille samedi

Le centre de Marseille et ses rues commerçantes ont été le théâtre de violences urbaines après la mort de Nahel, un adolescent tué à Nanterre par un policier lors d'un contrôle routier. Hedi, un jeune homme de 21 ans blessé et hospitalisé dans la nuit du 1er au 2 juillet, a assuré avoir été passé à tabac par un groupe de quatre à cinq personnes qu'il avait identifiées comme des policiers de la brigade anticriminalité (BAC), après avoir reçu un tir de LBD dans la tempe.

Le patron de la police s'est déplacé samedi à Marseille pour rencontrer les effectifs très remontés contre ce placement en détention provisoire de leur collègue.

Selon une source syndicale, plusieurs centaines de policiers marseillais se sont mis en arrêt maladie. D'autres ont répondu à l'appel du syndicat Unité SGP Police et se sont mis en "code 562", un jargon policier qui signifie qu'ils n'assument plus que les missions d'urgence et essentielles.

"Je n’ai pas de chiffres précis sur les arrêts maladie, ils nous parviennent ultérieurement. Mais, effectivement, la situation est toujours compliquée sur Marseille. Ces arrêts maladies ne s'étendent pas au reste du territoire, même s'il existe des mouvements de solidarité", souligne Frédéric Veaux.


M.B avec AFP

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