Jeudi 9 mai dans la soirée, deux policiers ont été blessés par balle, dans un commissariat du 13ᵉ arrondissement de Paris.
Le tireur est un homme que les fonctionnaires venaient d'interpeller.
Voici ce que l'on sait de cet incident.

Deux policiers ont été grièvement blessés par balle, ce jeudi 9 mai vers 22h30, dans le commissariat central du 13ᵉ arrondissement de Paris. L'agresseur serait un homme qui venait d'être interpellé. Il se serait emparé de l'arme d'un fonctionnaire pour la retourner contre eux. Voici ce que l'on sait de cet incident.

Ce qu'il s'est passé

Selon le préfet de police de Paris Laurent Nuñez, qui s'est rendu sur place vers minuit accompagné de la procureure Laure Beccuau, l'agresseur est un homme qui a été interpellé vers 22h dans un "immeuble", situé dans le quartier de la gare, dans le 13e arrondissement de la capitale. Il a été arrêté suite à "une agression très violente d'une femme" au cutter. "Cet individu rentre chez cette personne et la lacère à coups de cutter", a-t-il précisé ce vendredi 10 mai sur franceinfo. "Mes effectifs ont été obligés de défoncer la porte. Ils sont intervenus immédiatement, comprenant la gravité de la situation." 

La victime, âgée de 73 ans, a été grièvement blessée "sans qu'heureusement maintenant, son pronostic vital soit engagé", ajoute le préfet de police. Selon le parquet, elle est toujours hospitalisée et n'a pu être entendue à ce stade.

Le profil du suspect

Né en 1992, le suspect est inconnu de la police et de la justice. Selon Laurent Nuñez, il était "très excité" au moment de l'intervention des policiers, qui ont dû faire usage d'un pistolet à impulsion électrique "à plusieurs reprises" pour l'interpeller. Conduit au commissariat en vue de son placement en garde à vue, c'est là, dans des circonstances qui restent à éclaircir, qu'il est parvenu à subtiliser l'arme d'un fonctionnaire et à ouvrir le feu. 

"Avant sa prise en charge, il y a eu la fouille, et puis au moment où il soufflait à l'éthylotest, puisqu'il avait l'air manifestement excité, peut-être sous l'emprise d'alcool, il a réussi à subtiliser l'arme d'un effectif et à en faire l'usage", a relaté le préfet de police. Il blesse alors "gravement" deux policiers. Un tir de riposte blesse en retour l'agresseur.

"Son état de santé ayant nécessité son hospitalisation immédiate, la mesure de garde à vue initialement prise pour l’infraction de tentative de meurtre sur la femme a été levée dès sa conduite à l’hôpital hier soir", nous indique le parquet de Paris.

Pronostic vital engagé pour l'un des policiers

L'un des policiers ciblés par les tirs a été touché à l'abdomen, l'autre aux jambes. Tous deux ont été immédiatement transportés à l'hôpital. "Nous sommes très préoccupés par l'état de santé (des deux policiers). Nous sommes tous très inquiets", a souligné Laurent Nuñez, qui a également apporté son "soutien aux effectifs du commissariat du 13e", "saluant leur courage et leur réactivité". Le pronostic vital est toujours engagé pour l'un des fonctionnaires ce vendredi à la mi-journée.

Trois enquêtes ouvertes

Le parquet de Paris a précisé que trois enquêtes avaient été ouvertes. Deux sont confiées au 3e DPJ. L'une concerne les premiers faits et a été ouverte pour "tentative de meurtre sur la femme". L'autre a été ouverte pour "tentative de meurtre sur personnes dépositaires de l'autorité publique".

La 3e enquête a été confiée à l'IGPN (la "police des polices") pour "violences volontaires avec arme par personne dépositaire de l’autorité publique", comme c'est toujours le cas lorsqu'un policier fait usage de son arme

Les questions qui restent en suspens

"Les investigations devront notamment préciser les circonstances des faits, l'identité du mis en cause, ainsi que ses éventuels liens avec la femme victime", a détaillé le parquet. L'état psychiatrique de l'homme, s'il était sous l'emprise de l'alcool ou de la drogue, ou s'il était déjà connu des services de police, sont des éléments toujours en suspens.

Devra aussi être expliqué comment l'individu a pu s'emparer de l'arme de service d'un policier, alors que les fonctionnaires sont dotés d'"un étui sécurisé", a souligné auprès de LCI Eric Henry, secrétaire national du syndicat Alliance police (à retrouver dans la vidéo en tête de cet article). "Maintenant, quel était l'état d'excitation de l'individu, son état d'énervement, l'enquête judiciaire déterminera ce qu'il en est", a-t-il résumé.


A. Lo.

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