Patrice Evra sera jugé lundi 17 octobre pour "injure" homophobe au tribunal de police à Paris.
En cause, des propos prononcés à l'encontre du PSG, en 2019.
L'ancien capitaine de l'équipe de France encourt une amende.

Patrice Evra devant les juges. L'ex-international tricolore sera jugé lundi 17 octobre au tribunal de police de Paris, pour "injure" homophobe. Il est poursuivi pour des propos prononcés en mars 2019, après la victoire de Manchester United contre le PSG en Ligue des champions. L'ancien capitaine de Manchester United s'était déchaîné sur les réseaux sociaux en invectivant Jérôme Rothen, un temps joueur du club de la capitale. Il avait ensuite lancé plusieurs insultes : "Paris, vous êtes des pédés, vous êtes des PD... Ici, c'est les hommes qui parlent".

Habitué des insultes dans les médias ou les réseaux sociaux, Patrice Evra avait ensuite posté un nouveau message pour s'excuser, assurant ne pas être homophobe. Une initiative insuffisante pour les associations Mousse et Stop Homophobie, soutenues par le collectif anti-homophobie Rouge Direct, qui avaient porté plainte. Cette procédure a abouti sur une mise en examen pour "injure publique envers un groupe de personnes à raison de leur orientation sexuelle". 

L'emploi de cette injure par un ancien capitaine de l'équipe de France n'est pas anodin
Etienne Deshoulières

"L'emploi de cette injure homophobe par un ancien capitaine de l'équipe de France n'est pas anodin. Cela renforce le climat d'homophobie présent dans le football professionnel", affirme Etienne Deshoulières, avocat des associations. "Ce procès est l'occasion immanquable d'affirmer que l'impunité de l'homophobie dans le football, c'est fini", estime, de son côté, Julien Pontes, porte-parole du Collectif Rouge Direct. De quoi, selon lui, envoyer un signal fort "à quelques semaines du Mondial au Qatar".

Devant le juge, Evra avait reconnu avoir tenu les propos litigieux, évoquant des faits qui se seraient déroulés le 15 mars 2019, "date de l'anniversaire du footballeur Paul Pogba". Dans son ordonnance de renvoi en procès datée du 5 mai, le juge d'instruction estime que Patrice Evra "s'est exprimé dans un cadre privé pour la réalisation d'une vidéo qui a ensuite été publiée sur Snapchat à son insu". "Les propos ont donc été tenus de manière non confidentielle, mais pas publique", et l'ancien latéral "n'a pas eu l'intention de rendre publiques ses paroles", note-t-il. 

L'injure non publique fait encourir à l'ex-latéral une contravention, en l'espèce une amende de 1500 euros. Si l'infraction d'injure publique avait été retenue, il aurait comparu devant le tribunal correctionnel et aurait été passible d'un an d'emprisonnement et de 45.000 euros d'amende.

Sollicité, l'avocat du mis en cause n'a pas répondu à l'AFP.


M.G avec AFP

Tout
TF1 Info