Procès Bygmalion : un an de prison avec sursis requis contre Nicolas Sarkozy en appel

par I.N avec AFP
Publié le 30 novembre 2023 à 18h22

Source : JT 20h Semaine

Condamné en première instance à un an d'emprisonnement ferme dans le procès Bygmalion, Nicolas Sarkozy avait fait appel.
Un an de prison avec sursis a été requis ce jeudi contre l'ancien chef de l'État.
L'ex-président conteste "vigoureusement toute responsabilité pénale", et dénonce "fables" et "mensonges".

Un an de prison avec sursis a été requis ce jeudi contre l'ancien président Nicolas Sarkozy au procès en appel sur les dépenses excessives de sa campagne présidentielle perdue en 2012. Dans ce dossier, dit "Bygmalion", du nom de la société ayant organisé les meetings de campagne du candidat de droite, 14 personnes physiques, dont Nicolas Sarkozy, ont été condamnées en première instance en septembre 2021 à des peines allant jusqu'à trois ans et demi de prison, dont une partie avec sursis. L'ex-chef de l'État avait, lui, été condamné à un an d'emprisonnement ferme.

Si je n'étais pas au courant, où est le délit intentionnel ?
Nicolas Sarkozy

Contrairement à ses coprévenus, l'ancien président (2007-2012) n'est pas mis en cause pour le système de fausses factures imaginé pour masquer l'explosion des dépenses de sa campagne (près de 43 millions d'euros, alors que le plafond légal était de 22,5 millions). Mais dans son jugement, le tribunal correctionnel avait souligné que l'ancien locataire de l'Élysée avait "poursuivi l'organisation de meetings" électoraux, "demandant un meeting par jour", alors même qu'il "avait été averti par écrit" du risque de dépassement légal, puis du dépassement effectif.

Vendredi 24 novembre, jour de son interrogatoire, Nicolas Sarkozy a, comme lors du premier procès, contesté "vigoureusement toute responsabilité pénale", dénonçant "fables" et "mensonges". À grand renfort de gestes, il a démenti "avoir jamais eu connaissance d'une fraude, avoir jamais demandé une fraude ou avoir même bénéficié d'une fraude". Il a également contesté le fait que sa campagne se soit "emballée", comme d'autres l'avaient dit à la barre. "Si je n'ai rien demandé, si je n'étais pas au courant, où est le délit intentionnel ?", s'est-il interrogé.

Cette affaire s'ajoute à d'autres ennuis judiciaires pour Nicolas Sarkozy : il a été condamné en mai dernier dans l'affaire des écoutes à trois ans d'emprisonnement dont un ferme, une décision contre laquelle il s'est pourvu en cassation. L'ex-chef de l'État comparaîtra en 2025 pour les soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007. Il a par ailleurs été mis en examen, début octobre, dans le volet de cette affaire lié à la rétractation de l'intermédiaire Ziad Takieddine.


I.N avec AFP

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