Le procès du géant de l'électricité, de son ancien PDG et de douze autres personnes, s'ouvre ce mardi à Paris.
La firme et ses anciens dirigeants sont poursuivis pour des soupçons de favoritisme concernant des contrats de consultants signés entre 2010 et 2016.

Le procès s'ouvre ce mardi 21 mai, en début d'après-midi, et doit durer deux semaines. Le géant de l'électricité EDF est jugé pour des soupçons de favoritisme autour d'attribution de contrats de consultants entre 2010 et 2016. En tout, 44 contrats litigieux ont été identifiés au terme de l'enquête du Parquet national financier (PNF), pour un total d'environ 22 millions d'euros. 

Concrètement, des communicants, politiques, magistrats, journalistes ou encore anciens dirigeants d'entreprises ont, à l'époque, signé pour des missions de conseil en communication, conseil stratégique, gestion des risques, renseignement ou lobbying. Le tout sur plusieurs années et pour des montants allant de 40.000 à quatre millions d'euros. Selon les autorités, ces accords n'auraient pas dû être conclus de gré à gré et auraient dû faire l'objet d'une mise en concurrence. 

Treize personnes jugées

Treize personnes figurent sur le banc des accusés, parmi lesquelles l'ancien PDG de la firme Henri Proglio. Il encourt deux ans d'emprisonnement et 200.000 euros d'amende. Il est "innocent des faits qui lui sont reprochés", clament Mes Jean-Pierre Mignard et Pierre-Emmanuel Blard, qui vont plaider la relaxe. 

À ses côtés figurent l'ancien secrétaire général d'EDF, Alain Tchernonog, ainsi que onze ex-consultants, cités devant le tribunal, soit directement, soit via leur société, pour recel de favoritisme. La société de l'ex-PDG de Vivendi Jean-Marie Messier (pour des contrats pesant 1,42 million d'euros), Loïk Le Floch-Prigent (contrats de 1,36 million d'euros), ancien patron de GDF et de la SNCF, et le criminologue Alain Bauer (contrats de 650.000 euros) sont les principaux concernés. Durant l'enquête, tous ont contesté avoir commis une infraction. 

À noter que le PNF a décidé de ne pas poursuivre les consultants ayant bénéficié de marchés inférieurs au seuil de "procédure formalisée" (environ 400.000 euros à l'époque). Cela concerne notamment l'ex-ministre Claude Allègre et l'ancienne secrétaire d'État Jeannette Bougrab, qui ont bénéficié d'un classement sans suite. Par ailleurs, parmi ceux concernés par des montants supérieurs, six ont déjà été condamnés à des amendes via des procédures de plaider-coupable (CRPC), à commencer par le fondateur de Havas Stéphane Fouks (165.500 euros) et de la société de communication Image 7 d'Anne Méaux (150.000 euros).


M.G avec AFP

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