Trois policiers âgés de 31, 34 et 42 ans, sont jugés depuis ce mardi matin devant les assises de Seine-Saint-Denis?
Ils sont poursuivis pour "violences volontaires" commises à l'encontre de Théodore Luhaka, le 2 février 2017, à Aulnay-sous-Bois.
Le principal accusé s'est adressé ce matin à la partie civile.

C'est dans une salle comble, emplie en grande partie de policiers, en tenue ou en civil, que s'est ouvert ce mardi matin devant les assises de Seine-Saint-Denis le procès de Marc-Antoine C., Tony H. et Jérémie D. Les trois gardiens de la paix, qui comparaissent libres, sont jugés pour violences volontaires commises à l'encontre de Théodore Luhaka, au cours d'une intervention le 2 février 2017 à Aulnay-sous-Bois. 

Ce dossier de violences policières est devenu rapidement "l'affaire Théo". Appelés à la commenter après le rappel des faits lu ce matin par la présidente Jadis Pomeau, deux des accusés ont pris la parole, dont le principal, Marc-Antoine C., poursuivi notamment pour avoir asséné un coup de matraque télescopique au niveau du rectum du jeune homme alors âgé de 22 ans lui occasionnant des séquelles permanentes. 

Le principal accusé a d'abord justifié son geste. "Je suis intervenu pour dégager mon collègue. Situation très délicate dans le cadre d'une interpellation très difficile face à un individu qui se rebellait. Nous ne sommes jamais parvenus à le maîtriser. J'ai fait un coup à l'origine de ses blessures, coup qui m'a été enseigné en école, qui est légitime et réglementaire." À la barre, en costume sombre avec des lunettes de vue sur le nez, le policier poursuit : "Je voulais vraiment défendre son collègue dans cette situation rarissime, avec quelqu'un d'assez costaud au sol. Bien sûr, la blessure est désolante. J'en ai conscience et j'y pense tous les jours."

Théodore Luhaka ne regarde pas le policier qui l'a frappé

"C'est une blessure grave et si vous me le permettez, Mme la présidente, je souhaiterais adresser ma profonde compassion à l'égard de cette blessure de M. Luhaka", enchaîne le fonctionnaire âgé de 34 ans d'une petite voix en se tournant vers la partie civile assise derrière lui. 

Théodore Luhaka, emmitouflé dans une doudoune bleue, assis aux côtés de ses proches et de nombreux soutiens, fixe le sol et ne réagit pas. En marge de l'audience, le jeune homme qui fête aujourd'hui ses 29 ans, a confié à la presse être "anxieux" à l'ouverture de ce procès. 

Un peu avant Marc-Antoine C., son collègue Tony H. s'était embrouillé dans une formule, déclarant : "Je tenais juste à comprendre la blessure gravissime de M. Luhaka et que le procès fera l'affaire tout ça." Jérémie D., troisième accusé, n'a pas souhaité faire de commentaire sur le rappel des faits. 

L'audience s'est poursuivie avec l'interrogatoire de personnalités des trois accusés. Le procès, quant à lui, doit se poursuivre jusqu'au 19 janvier. Pour les faits qui leur sont reprochés, les policiers encourent 7 ans pour deux d'entre eux. Marc-Antoine C. encourt lui jusqu'à 15 ans d'emprisonnement. 


Aurélie SARROT

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