Procès de la BAC Nord de Marseille : 18 policiers et ex-policiers sur le banc des accusés

Julien Vattaire
Publié le 12 avril 2021 à 6h18, mis à jour le 12 avril 2021 à 6h32
Procès de la BAC Nord de Marseille : 18 policiers et ex-policiers sur le banc des accusés

Source : AFP

JUSTICE - Le tribunal correctionnel de Marseille accueille, à partir de ce lundi 12 avril, le procès de 18 ex-policiers de la brigade anticriminalité de Marseille.

18 ex-policiers de la brigade anticriminalité de Marseille devant la justice. Ce lundi 12 avril s’ouvre le procès dit "de la BAC Nord" qui devrait durer deux semaines au tribunal correctionnel de Marseille. Âgés entre 37 et 60 ans, ils sont poursuivis pour avoir dépouillé des trafiquants de drogue et revendeurs de cigarettes de contrebande qu'ils contrôlaient dans des cités des quartiers nord de la ville en octobre 2012. 

À l’époque des faits, Manuel Valls, ministre de l’Intérieur, avait dissous l’ensemble de la brigade, avant de déclarer : "Il n'y pas de place pour ceux qui salissent l'uniforme de la police."

On commence à avoir un bon petit groupe

L'un des 18 ex-policiers de la brigade anti-criminalité de Marseille

Les prévenus ont été trahis par des enregistrements accablants. Les membres de trois groupes de jours de la BAC Nord se sont servis copieusement en cannabis, cigarettes et argent comme l’a laissé entendre leurs discussions dans leurs bureaux et véhicules. La "sonorisation" datant du 17 juillet 2012, résume parfaitement l’état d’esprit qui régnait dans le service : "On commence à avoir un bon petit groupe, où on sait qu'on ferme nos gueules. Ce qui se dit dans la voiture reste dans la voiture", affirmait notamment Jean Fiorenti, 41 ans. 

D’autres enregistrements évoquent notamment le vol d’une sacoche contenant "plus de 2500 euros" à un dealer ou encore une perquisition illégale menée dans un appartement à laquelle les policiers échouent sur le fil à voler 2000 euros de marchandise. Il y a eu également  ce "gitan", selon leurs mots, à qui ils "piquent un peu de pognon" ou encore ce voleur à l'arraché finalement relâché après négociation : "Allez, file nous deux barrettes (de cannabis) et on te laisse tranquille."

15 accusés sont toujours policiers

Si certains ont reconnu des dérapages ponctuels, comme Patrick Morio, 55 ans pour qui ces 540 euros récupérés dans la sacoche abandonnée par un dealer, c'était "un pétage de plomb". De son côté, Nicolas Falquet, 37 ans, met lui en cause la politique du chiffre de la hiérarchie tandis que Régis Dutto, 42 ans, souligne que cette sacoche volée à un dealer de la cité Félix-Pyat, c'était seulement pour rémunérer son "tonton" dans une autre cité, à La Castellane, affirme-t-il.

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Parmi les 18 prévenus, qui comparaîtront tous libres, trois ont été révoqués après l'enquête de l'IGPN, dont M. Carrasco. Les 15 autres ont écopé d'exclusions temporaires ou de blâmes et sont toujours policiers. L'un d'eux a retrouvé un poste à la BAC Nord.


Julien Vattaire

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