Le procès hors normes des attentats de janvier 2015

Procès des attentats de janvier 2015 : pas prévue au départ, l'audition d'Anne Hidalgo crée des remous

Alexandre Decroix
Publié le 16 septembre 2020 à 13h53, mis à jour le 16 septembre 2020 à 14h18
Procès des attentats de janvier 2015 : pas prévue au départ, l'audition d'Anne Hidalgo crée des remous

Source : BERTRAND GUAY / AFP

IRRITATION - Ajoutée mardi au calendrier du procès des attentats à Charlie Hebdo, Montrouge et l’Hyper Cacher, l’audition de la maire de Paris - qui n'y figurait pas initialement - a suscité des tensions ce mercredi matin entre avocats et magistrats.

Un changement de programme qui fait tiquer. Plusieurs avocats se sont émus ce mercredi de l'ajout initialement non-prévu de l'audition de la maire de Paris, Anne Hidalgo, au procès des attentats de janvier 2015. Ils s'interrogent sur l'intérêt et la légitimité de son témoignage.

Rajoutée mardi au planning par la cour d'assises spéciale de Paris, à la demande de Me Patrick Klugman, avocat de SOS racisme et de plusieurs parties civiles, celle-ci doit intervenir lundi 21 septembre dans l'après-midi.

"Elle est témoin de quoi ?"

"Je suis étonnée que cette question n'ait pas été débattue ici", avant "que ce témoin soit inscrit", a déclaré au début de l'audience Me Daphné Pugliesi, l'avocate de l'un des 14 accusés jugés pour leur soutien logistique aux auteurs des attentats. "C'est quand même la maire de Paris, elle est témoin de quoi ?"

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Un message appuyé par plusieurs avocats de la partie civile qui ont dénoncé une "récupération" et se sont inquiétés de voir ce témoignage "alourdir" un calendrier déjà chargé, la journée du 21 septembre étant consacrée à l'attaque de l'Hyper Cacher par Amédy Coulibaly. 

Si on entend Madame Hidalgo, entendons Monsieur Hollande

Me Isabelle Coutant-Peyre, avocate de la défense

"Si on entend Madame Hidalgo, entendons Monsieur Hollande qui a déclaré qu'il était inutile de laisser une voiture de police devant Charlie", a estimé Me Isabelle Coutant-Peyre, avocate de l'un des principaux accusés, Ali Riza Polat.

Une série de remarques dont le président de la cour, Régis de Jorna, a dit "prendre acte", en précisant avoir accepté l'audition de la maire de Paris en vertu du "pouvoir discrétionnaire" statutairement dévolu au président de la cour d'assises. "J'ai envoyé un courrier" à Patrick Klugman, qui fut par ailleurs l'un des adjoints d'Anne Hidalgo (2008-2020), lui demandant de "préciser les termes dans lesquels ce témoin déposera", a toutefois expliqué le magistrat, disant vouloir s'assurer que l'audition sera bien en lien avec les attentats.


Alexandre Decroix

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