Le procès hors norme des attentats du 13-Novembre

Procès du 13-Novembre : "J'ai renoncé à enclencher ma ceinture", assure Salah Abdeslam

Aurélie Sarrot
Publié le 30 mars 2022 à 16h16
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

L'interrogatoire du seul survivant du commando du 13-Novembre a débuté ce mercredi au procès des attentats de Paris et de Saint-Denis.
Après avoir fait usage de son droit au silence, le Français de 32 ans a finalement assuré avoir "renoncé" à se faire exploser le 13-Novembre.

"Monsieur le président, Messieurs et Mesdames de la cour. Aujourd'hui, je souhaite faire l'usage de mon droit au silence", tels ont été les premiers mots de Salah Abdeslam à l'ouverture de l'audience, ce mercredi 30 mars. Le seul survivant du commando des attentats de Paris doit être interrogé mercredi et jeudi sur le soir du 13 novembre 2015 et sur les jours qui l'ont précédé. 

"Il y a beaucoup de raisons de ne pas parler. C'est aussi pour qu'on ne me qualifie pas de provocateur que je ne souhaite plus m'exprimer. C'est mon droit, je n'ai pas à me justifier, a détaillé l'accusé d'une voix calme et claire. "J'ai fait des efforts, j'ai gardé le silence pendant six années. Puis j'ai changé d'avis, je me suis exprimé à l'égard des victimes avec respect. Aujourd'hui, je ne veux plus m'exprimer. Je n'arrive plus", a-t-il dit avant de s'assoir dans le box. 

"J'avais honte"

Ni la cour, ni l'avocat général, ni les avocats des parties civiles n'obtiendront de réponse de sa part. À l'exception de Me Josserand-Shmidtt, à qui le principal accusé avait promis, il y a quelques semaines, des explications, notamment sur ce qu'il s'est passé avec sa ceinture explosive, le 13 novembre 2015, ceinture qui n'a jamais explosé.

- "J'ai renoncé à enclencher ma ceinture. Pas par lâcheté, pas par peur. Mais parce que je voulais pas, c'est tout", dit l'accusé. 

- "Pourquoi allez-vous dire à vos frères que la ceinture n'a pas fonctionné ? C'est un mensonge...", enchaine l'avocate.

- "Oui, c'est ça", acquiesce Salah Abdeslam.

  - "Pourquoi avoir menti ?", questionne l'avocate.

- "J'avais peur du regard des autres. J'avais honte de ne pas avoir été jusqu'au bout, et j'avais 25 ans aussi", a assuré l'accusé.

Lire aussi

En mars 2016, après quatre mois de cavale et son arrestation en Belgique, il avait déjà affirmé avoir "renoncé" à actionner sa ceinture explosive. Avant de garder le silence pendant les cinq années suivantes, jusqu'au procès. 

Salah Abdeslam avait, à l'époque, expliqué qu'il aurait dû se faire exploser au Stade de France, mais qu'il avait changé d'avis en arrivant sur place. Il aurait alors déposé les trois autres kamikazes et repris la route, avant d'abandonner sa voiture dans le 18e arrondissement de Paris, puis sa ceinture explosive au sud de la capitale.

Une thèse dont il "est permis de douter", selon l'accusation. D'abord parce que le communiqué de revendication de l'organisation État islamique (EI) mentionne une attaque "dans le 18e arrondissement", là où la voiture a été retrouvée, et qui n'a pas eu lieu. Ensuite parce que les experts ont établi que la ceinture était défectueuse. Enfin, parce que Salah Abdeslam aurait dit à plusieurs proches qu'elle n'avait pas fonctionné.


Aurélie Sarrot

Tout
TF1 Info