Attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray

Assassinat du père Hamel : "On connaissait la dangerosité" d'un des djihadistes, admet une préfète

La rédaction de TF1info
Publié le 16 février 2022 à 18h48
JT Perso

Source : JT 20h WE

Le procès de l'attentat de Saint-Étienne-du-Rouvray (Seine-Maritime) s'est ouvert lundi, cinq ans après la mort du père Hamel, assassiné dans son église.
Ce mercredi, une préfète a ravivé le débat sur d'éventuels ratés dans la surveillance des jihadistes.

Le débat autour d'un éventuel raté dans la surveillance des jihadistes qui ont perpétré l'attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray en juillet 2016. La préfète de Seine-Maritime et de Normandie, Nicole Klein, a assuré ce mercredi qu'"on connaissait parfaitement (la) dangerosité" d'Adel Kermiche, l'un des deux assassins du père Hamel. Il s'agissait d'"un type dangereux" avec un "dossier psychiatrique et terroriste (...) très épais", a-t-elle souligné entre janvier 2016 et mars 2017.

Deux assassins fichés S

Cet islamiste radical de 19 ans, qui résidait à Saint-Etienne-du-Rouvray, avait fait irruption dans l'église en compagnie d'Abdel-Malik Petitjean, tuant le prêtre de 85 ans et blessant grièvement un paroissien octogénaire, Guy Coponet. Les deux assaillants avaient été tués sur place par la police.

Après l'attentat, les informations selon lesquelles les deux assassins étaient repérés par les services de renseignement (fichés S) et Adel Kermiche était porteur d'un bracelet électronique après deux tentatives de départ en Syrie avaient provoqué une vive polémique. 

Depuis ce lundi, la cour juge trois membres de leur entourage et, en son absence, l'instigateur présumé de l'attaque, Rachid Kassim, probablement mort en Irak en 2017. "Il n'y a pas une réunion où on n'ait pas parlé de lui (Adel Kermiche)", a assuré à la barre Nicole Klein, à propos des réunions de sécurité hebdomadaires qui se tenaient à la préfecture, avec des représentants de la police judiciaire et des services de renseignement.

"Quand on a appris que la juge" avait décidé sa remise en liberté conditionnelle en mars 2016, considérant "qu'il était sorti du prosélytisme, je me rappelle qu'on s'est dit qu'on n'y croyait pas une seconde", a-t-elle ajouté, évoquant notamment la persistance de sa fréquentation d'un "petit groupe de jeunes salafistes" au sein de la mosquée de Saint-Etienne-du-Rouvray. "Mais on ne pouvait rien faire, à part surveiller ses faits et gestes", a-t-elle estimé, soulignant qu'Adel Kermiche respectait les obligations de sa liberté conditionnelle et confessant un "sentiment d'échec" après l'attentat.

Un assassinat d'une "violence inouïe"

Le 26 juillet 2016, c'est peu après 9h qu'on voit le jeune homme - autorisé à sortir de chez lui entre 8h30 et 12h30 - se diriger vers l'église, vêtu d'une veste de camouflage, selon les images de vidéosurveillance présentées mardi à la cour par un membre de la sous-direction antiterroriste (SDAT) de la police judiciaire.

Selon le récit fait par le policier en audioconférence, Abdel-Malik Petitjean entre d'abord seul dans l'église, demandant des renseignements à l'une des trois religieuses présentes, qui lui suggère de revenir à la fin de la messe. Quelques minutes plus tard, il revient en compagnie d'Adel Kermiche et se dirige directement vers le père Hamel, 85 ans, qu'il force à s'agenouiller. Il lui assène alors de nombreux coups de couteau, entraînant sa mort "en quelques minutes", selon le médecin légiste qui a procédé a son autopsie, venu témoigner mercredi.

Ce dernier dénombrera neuf plaies sur le corps du prêtre, principalement au niveau du cou et du thorax. Son rapport souligne aussi que l'un des coups "a coupé une côte", élément qui montre, selon l'agent de la SDAT, la "violence inouïe" de la part d'Abdel-Malik Petitjean, et sa "détermination à porter les coups"

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Il entraîne ensuite Guy Coponet, alors âgé de 87 ans, sur le côté de l'autel. L'assaillant lui inflige "une plaie transversale (...) sur 21 cm" au niveau de la gorge, a poursuivi le médecin légiste qui l'a examiné deux jours après les faits. Après l'agression, constatant qu'il saignait abondamment, le paroissien "s'était mis dans une position où il comprimait sa plaie" et "il faisait le mort", "c'est probablement ce qui lui a sauvé la vie", analyse le médecin, les assassins n'étant sortis de l'église que près d'une heure plus tard, une fois les forces de l'ordre arrivées.


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