Procès du double meurtre des disparus de Mirepoix : les deux accusés condamnés à 30 ans de prison

par M.L (avec AFP)
Publié le 24 novembre 2023 à 22h51
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Source : Sept à huit

Une infirmière, Marie-José Montesinos, et son ancien compagnon Jean-Paul Vidal ont été condamnés à 30 ans de réclusion.
Ils ont été reconnus coupables de l'assassinat de Christophe Orsaz, ex-conjoint de l'accusée, et de la fille de ce dernier, Célia, disparus en novembre 2017 à Mirepoix en Ariège.
La meurtrière a de plus écopé d'une période de sûreté de 20 ans.

Enfin le dénouement dans l'affaire des "disparus de Mirepoix", attendu depuis six longues années. La cour d'assises de Foix a condamné vendredi Marie-José Montesinos, et son ex-amant Jean-Paul Vidal, à 30 ans de réclusion pour un assassinat et un meurtre commis en 2017 en Ariège. L'ancien compagnon de l'accusée, Christophe Orsaz, avait été tué, tout comme sa fille Célia, présente par hasard lors du guet-apens tendu par les deux meurtriers. La peine de Marie-José Montesinos a par ailleurs été assortie d'une période de sûreté de 20 ans, allant au-delà des réquisitions dans ce dossier où l'accusation l'avait présentée comme l'instigatrice de ce piège macabre. 

"C'est un verdict à la hauteur de la gravité de ce qui s'est passé", a estimé Me Arnaud Lévy-Soussan, avocat de douze membres des familles des victimes, retenant notamment la longueur de la période de sûreté infligée à l'ex-compagne de Christophe Orsaz. Xavier, le frère de la victime, a expliqué à la presse éprouver un "double sentiment" : "Je suis content qu'ils aient été punis, mais je suis aussi déçu parce qu'ils ne prennent pas assez à mon goût".

"C'est elle qui a fomenté et elle qui demande de tuer"

Les avocats de Marie-José Montesinos, 60 ans, ne se sont quant à eux pas exprimés à l'issue du verdict. Pour Jean-Paul Vidal, 52 ans, Me Mathieu Montfort a indiqué qu'il n'y aurait "pas d'appel" de son client. Sa démarche "était de s'expliquer vis-à-vis des parties civiles, j'ai envie de dire que pour lui la peine était presque accessoire", a-t-il déclaré. Vendredi matin, l'avocat général Pierre Aurignac avait requis la perpétuité assortie d'une période de sûreté de 18 ans contre l'accusée, et 30 ans de réclusion contre son complice. 

Marie-José Montesinos et Jean-Paul Vidal comparaissaient depuis une semaine devant les assises de Foix pour l'assassinat de Christophe Orsaz, un jardinier-paysagiste de 46 ans, et sa fille Célia, âgée de 18 ans. Tous deux avaient disparu le 30 novembre 2017 à Mirepoix, en Ariège. Six mois plus tard, l'infirmière et son nouveau conjoint, un mécanicien-cascadeur, avaient reconnu le double meurtre. Le couple avait tendu un guet-apens au quarantenaire, battu à mort à coup de barres de fer dans un hameau isolé, avant que Jean-Paul Vidal ne tue sa fille, qui se trouvait par hasard présente au moment des faits, d'un tir de fusil de chasse. Les deux corps avaient alors été retrouvés. 

Les jurés ont retenu les arguments de l'accusation qui présentait Marie-José Montesinos comme l'instigatrice de l'assassinat de son ancien compagnon et co-autrice du meurtre de la jeune fille. Ils lui "ont envoyé un signal clair", "en reconnaissant que c'est elle qui a fomenté, elle qui prévoit et elle qui demande de tuer", a estimé Me Agnès Dufetel-Cordier, avocate d'une des sœurs de Christophe et du petit-ami de Célia.

Tout au long du procès, experts et enquêteurs se sont succédé à la barre et ont dessiné le portait d'un couple d'accusés dont les fragilités psychiques, liées à des enfances traumatiques, ont conduit au passage à l'acte. Marie-José Montesinos, victime d'inceste de la part de son père, est devenue une adulte à "l'affectivité perturbée", au "narcissisme fragile", selon psychiatres et psychologues. D'après les témoins entendus, elle n'a pas supporté la rupture avec Christophe Orsaz, véritable "blessure" entraînant "une rage narcissique", dans laquelle elle a emporté son amant de l'époque, Jean-Paul Vidal.

Lui aussi meurtri au plus jeune âge par d'importances carences affectives, il est devenu avec Marie-José Montesinos un "suiveur", selon les mots d'un psychologue, un "instrument" incapable de remettre en cause les dires de celle dont il était amoureux et qui lui avait fait croire que Christophe Orsaz était dangereux.


M.L (avec AFP)

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