Drame de Millas : collision mortelle entre un train et un car scolaire

Procès de Millas : la conductrice condamnée à cinq ans de prison, dont quatre avec sursis

I.N
Publié le 18 novembre 2022 à 7h53, mis à jour le 18 novembre 2022 à 14h43
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Source : JT 20h Semaine

Il y a cinq ans, six enfants décédaient dans la collision entre un car scolaire et un TER sur le passage à niveau de Millas, dans les Pyrénées-Orientales.
La conductrice a été condamnée vendredi à cinq ans de prison, dont quatre avec sursis.
Ses avocats envisagent de faire appel.

La conductrice du car scolaire a-t-elle "fauté" ce jour de décembre 2017, en s'engageant sur le passage à niveau de Millas (Pyrénées-Orientales) ? C'est ce qu'a estimé ce vendredi 18 novembre la justice, cinq ans après la collision avec un TER qui a coûté la vie à six enfants. La conductrice, Nadine Oliveira, a été condamnée à cinq ans de prison, dont quatre avec sursis, par le tribunal correctionnel de Marseille.

Jeudi 22 septembre, quatre jours à peine après l'ouverture de son procès pour homicides et blessures involontaires, Nadine Oliveira, 53 ans, avait été comme "foudroyée", selon les mots de l'un de ses avocats. Prise d'une crise de larmes irrépressible, elle avait fini par être évacuée par les marins-pompiers, avant d'être hospitalisée.

Entendre les récits déchirants de certains des 17 adolescents blessés dans ce drame, le 14 décembre 2017, l'a beaucoup "affectée". Pour la première fois, elle visualisait les blessures des enfants, "c'était comme si la réalité surgissait, alors que jusqu'à présent, tout cela restait très théorique pour elle", a commenté son avocat, Me Jean Codognès, auprès de l'AFP.

La barrière était-elle baissée ?

Lui espérait une relaxe, mais le juge a suivi les réquisitions du procureur Michel Sastre, à savoir une peine de cinq ans d'emprisonnement, dont quatre avec sursis probatoire, assortie d'obligations de soins et d'indemnisation des victimes. Le procureur avait également demandé l'annulation de ses permis de conduire de tourisme et de transport de passagers, ainsi qu'une interdiction définitive d'exercer une activité professionnelle en lien avec des enfants.

Car pour le représentant du ministère public, cette "tragédie" est bien le résultat d'une "faute" de la conductrice, due à son inattention et son imprudence. Avant le drame, Nadine Oliveira avait emprunté ce passage à niveau N.25 presque 400 fois, et elle ne l'avait jamais vu fermé. Pendant l'enquête comme à l'audience, elle a toujours soutenu que les barrières étaient ouvertes le jour du drame, malgré les expertises et certains témoignages, notamment celui d'une jeune fille assise à l'avant du car. Elle a aussi évoqué un "trou noir" au moment de l'accident.

Mais "le problème du dossier n'est pas de savoir si la barrière était levée ou baissée, c'est d'avoir la preuve qu'elle était baissée", insiste Me Codognès. De nombreuses parties civiles ont vu, elles, une forme de déni chez la conductrice : "il ne s'agit pas de contester la souffrance de Nadine Oliveira, mais on aurait souhaité que (cette souffrance) ne soit pas portée comme un étendard de son innocence, mais comme la reconnaissance de sa responsabilité", avait ainsi plaidé Me Marie Mescam, représentante des familles d'une enfant décédée et de sept rescapés.

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Il y a "un manque d'empathie" chez Nadine Oliveira, mais "je n'ai pas vu dans (son) attitude un déni absolu de ce qui a été commis", avait nuancé le procureur. Elle "dit ce que son cerveau estime être la réalité", pour ne pas sombrer totalement.

Les avocats de la conductrice ont annoncé qu'ils envisageaient de faire appel. 


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