Meurtre de Maëlys : Nordahl Lelandais condamné à perpétuité

Procès Nordahl Lelandais : "Un psychopathe à la dangerosité extrême", plaide un avocat de partie civile

La rédaction de TF1info
Publié le 16 février 2022 à 13h16
JT Perso

Source : JT 20h WE

Les avocats de la partie civile ont débuté leurs plaidoiries ce mercredi matin.
Les réquisitions du ministère public et la plaidoirie de la défense auront lieu jeudi.
Le verdict est attendu vendredi.

C'est vers 11h40, ce mercredi 16 février, que les plaidoiries des avocats de la partie civile ont débuté devant la cour d'assises de l'Isère, où Nordahl Lelandais est jugé pour l'enlèvement et le meurtre de Maëlys et les agressions sexuelles de deux petites cousines, à l'été 2017. Me Yves Crespin, avocat des associations La voix de l'enfant et L'enfant bleu, 75 ans dont 50 de barreau, a été le premier à prendre la parole, pour la dernière plaidoirie de sa carrière. "On m’a beaucoup interrogé pour me demander ce que j’attendais de ce procès. J’ai répondu que j’attendais un pas d’humanité de Nordahl Lelandais pour les familles", indique l'avocat avant d'ajouter : "Ses aveux de vendredi dernier étaient aussi sincères qu’une déclaration de revenus".

"Aujourd’hui, vous jugez un homme qui n’est pas un monstre, mais un mystère. Qui êtes-vous, Nordahl Lelandais ? Le fils aimé ? Rejeté ? Le bon copain impulsif ? L’anorexique du travail ? Le fournisseur de drogue ? L’addict aux drogues, au sexe. Mais incapable d’exprimer de l’émotion, de l’empathie. Il coche toutes les cases, estime Me Yves Crespin. C’est un criminel atypique par sa personnalité. Heureusement qu’il a été arrêté. C’est un psychopathe à la dangerosité psychiatrique et criminologique extrême. Il faudra en tenir compte."

Alors que dans deux jours, la cour va se retirer pour délibérer, Me Crespin estime ne pas avoir obtenu ce jour les réponses aux nombreuses questions qui se posaient au début de ce procès. "Pourquoi enlever Maëlys ? Pourquoi la tuer ? Qu’est-ce que cette bascule de 2017, qui fait de cet homme un criminel dangereux ? On va se quitter avec le mystère Nordahl Lelandais."

Et l'avocat rappelle que si l'accusé a reconnu la pédophilie, il a aussi "fait des aveux avant de revenir dessus".

"Nordahl Lelandais va revenir un jour dans la communauté humaine. On espère qu’il aura travaillé sur lui. C’est un travail énorme à faire. Il aura le temps [dit-il en regardant l’accusé]. Comment faire cela à un enfant ? Je ne comprends pas ce crime contre des enfants. Comment arrêter, empêcher cela ? Je ne sais pas", conclut l'avocat. 

"C'est ça un prédateur sexuel, et vous allez recommencer"

Me Caroline Rémond, avocate des parents des petites cousines de l'accusé, lui succède. "On ne choisit pas sa famille. Les parents des petites cousines de Nordahl Lelandais ont la chance d’avoir leurs filles vivantes. Contrairement au bourreau dans le box, ils ont compris qu’ils n’avaient plus rien à voir avec la famille de Nordahl", débute-t-elle. 

L'avocate rappelle ensuite comment les petites cousines se sont retrouvées, en famille, auprès de l'ancien maître-chien à l'été 2017. "Quelques semaines avant les faits commis sur Maëlys, ils passaient une semaine de vacances ensemble. Ils ont passé de bons moments : barbecue, discothèque. Des vacances entre copains, entre cousins. Nordahl Lelandais, c’était le bon cousin. Jovial, serviable. C’était tonton Nono."

Puis Me Rémond évoque les vidéos des agressions sexuelles des fillettes, filmées par Nordahl Lelandais lui-même. "Comme le font les pédophiles, Nordahl Lelandais ne filme pas les visages des enfants", pointe-t-elle.

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Pour Me Caroline Rémond, Nordahl Lelandais "se sert du prétexte de l’alcool et de la cocaïne" pour justifier ses actes. "Il n’a pas regardé les vidéos des agressions sur ses cousines. Mais je l’ai senti captivé par les images du médecin légiste où l’on voyait les ossements de Maëlys. Ce goût pour le macabre… ", critique-t-elle.

Puis, tournée vers l'accusé dans le box, elle lui lance : "Oui, Nordahl Lelandais, vous êtes un pédophile et un prédateur sexuel. Vous avez cherché une proie. C'est ça un prédateur sexuel, et vous allez recommencer. Il ne s'agit pas seulement de reconnaître, mais d’expliquer. Vous ne l’avez pas fait..."

L'audience a été ensuite suspendue pour reprendre à 14h30 avec la suite des plaidoiries des avocats de parties civiles.


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