Treize personnes, onze hommes et deux femmes, affiliées au groupuscule d'ultradroite des "Barjols" comparaissent, mardi 17 janvier, à Paris.
Ils sont renvoyés devant la justice pour avoir élaboré, en 2018, "divers projets d'actions violentes", dont un projet d'attaque visant Emmanuel Macron.

Ils avaient pour projet d'attaquer Emmanuel Macron. Treize personnes, onze hommes et deux femmes, affiliées au groupuscule d'ultradroite des "Barjols" comparaissent, mardi 17 janvier, devant le tribunal correctionnel de Paris, pour "association de malfaiteurs en vue de la préparation d'actes de terrorisme". Selon l'acte d'accusation, le petit groupe est soupçonné d'avoir préparé une série d'actions violentes (un "putsch", des assassinats de migrants ou des attaques contre des mosquées...), dont un projet d'attaque contre le chef de l'État, fin 2018, en marge du centenaire de l'armistice. 

On rembobine l'affaire. Tout commence fin 2018 par un tuyau. La DGSI, le renseignement intérieur, est destinataire d'informations selon lesquelles un militant d'ultradroite isérois, Jean-Pierre Bouyer, envisagerait de s'en prendre à Emmanuel Macron, à l'occasion des commémorations de l'armistice prévues début novembre dans l'est de la France. Une enquête antiterroriste est ouverte le 31 octobre. Le climat social est alors en ébullition. Une flambée des prix du carburant pendant l'été a fait naître une vaste grogne qui débouchera, le 17 novembre, sur l'acte fondateur des Gilets jaunes.

Qui sont les "Barjols" ?

Le 6 novembre, Jean-Pierre Bouyer est interpellé avec trois autres hommes proches de l'ultradroite, alors qu'ils se rendent au domicile de l'un d'eux en Moselle. Chez cet ancien garagiste, reconverti en directeur d'exploitation forestière au Gabon, sont retrouvés un poignard de type "commando" et un gilet militaire. Des armes à feu et des munitions sont saisies à son domicile. Les enquêteurs s'intéressent aussi aux écrits de ce sexagénaire au casier vierge qui, sur Facebook, appelle à "éliminer ceux qui cherchent à te nuire" et vise le président de la République, qualifié de "petit dictateur hystérique"

En garde à vue, il glisse avoir voulu "tuer Macron" et suggéré à un de ses coprévenus, désireux de passer à l'action lors d'un "bain de foule", d'utiliser une lame en céramique indétectable. Des propos qu'il qualifiera par la suite de simples mots. "Il admet que cela a pu être un sujet de discussion mais assure que cela n'a jamais été plus que cela", indique à l'AFP son avocate Me Olivia Ronen, qui regrette que l'enquête ait "'oublié' de replacer" les propos de son client "dans le contexte de l'époque".

Des réunions secrètes au cœur de l'enquête

Les enquêteurs procèdent ensuite à d'autres interpellations dans la mouvance des "Barjols", un collectif adepte de la théorie du "grand remplacement", formé sur Facebook en 2017 et dont Jean-Pierre Bouyer a été un responsable. Denis Collinet, son dirigeant, est arrêté en mars 2020. L'une de leurs réunions secrètes, près de Vigy, en Moselle, à laquelle assiste huit des prévenus, constitue, selon les enquêteurs, le "point d'orgue" de la préparation de multiples actions violentes. 

"Il est établi que les projets d'actions violentes conçus par les membres du groupe des Barjols (...) visaient exclusivement à troubler gravement l'ordre public par l'intimidation ou la terreur", ont conclu les magistrats instructeurs. Selon un avocat de la défense, Me Gabriel Dumenil, les prévenus partagent une "vision contestataire du gouvernement" et des propos "parfois extrêmes". "Mais cela traduit-il une volonté de passer à l'acte et d'attenter à la vie du chef de l'État ? Non".

Aucun de ces projets n'a toutefois connu de début d'exécution. Après quatre ans d'enquête, la qualification criminelle, retenue initialement, a été abandonnée au profit du délit d'association de malfaiteurs en vue de la préparation d'actes de terrorisme, passible de 10 ans de prison. La défense y voit le signe d'un dossier fragile, bâti sur la "fiction d'un passage à l'action violente" et sur une "caractérisation terroriste totalement abusive", selon la formule de l'avocate Me Lucile Collot. 


La rédaction de TF1info

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