Professeure tuée à Saint-Jean-de-Luz : l'élève mis en examen pour assassinat et placé en détention provisoire

par Marius BOCQUET avec AFP
Publié le 24 février 2023 à 15h15

Source : TF1 Info

L'élève qui a poignardé sa professeure à Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-atlantiques) a été mis en examen pour assassinat.
Il a également été placé en détention provisoire "dans un lieu dont la destination doit être tenue confidentielle".
Son avocat appelle à aller "bien au-delà de l'examen sommaire" de ses motivations.

L'élève qui a poignardé sa professeure d'espagnol mercredi 22 février à Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques) a été mis en examen pour assassinat et placé en détention provisoire, a annoncé vendredi son avocat Me Thierry Sagardoytho. Il va être incarcéré "dans un lieu dont la destination doit être tenue confidentielle", a-t-il ajouté après la présentation aux magistrats de l'adolescent de 16 ans. "C'est un établissement qui prendra en compte et sa jeunesse, et les soins dont il a besoin."

"Nous parlons d'un jeune inconnu des radars judiciaires et éducatifs, qui est soudainement passé à l'acte, au prix de motivations personnelles que je m'interdis de mettre sur la place publique, mais qui ont besoin d'être sondées, appréciées, testées par des psychiatres", afin de déterminer si son discernement était "entier", ou "au contraire aboli, ou éventuellement altéré", a détaillé l'avocat. "Il faudra aller bien au-delà de l'examen sommaire", a-t-il ajouté, se disant "effaré de lire le compte rendu" fait à la presse du premier examen psychiatrique dont a fait l'objet l'adolescent en garde à vue.

Une anxiété "pouvant perturber son discernement"

Jeudi, le procureur de la République à Bayonne, Jérôme Bourrier, a déclaré que ce premier examen avait révélé "une forme d'anxiété réactionnelle pouvant perturber son discernement" et "des éléments de dépression évoluant depuis une année", mais "aucune maladie mentale de type schizophrénie, état maniaque, mélancolie ou retard mental, ni décompensation psychiatrique aiguë".

"L'adolescent apparaît accessible à une responsabilité pénale sous réserve des expertises qui devront être ordonnées et d'une possible altération de son discernement", avait ajouté Jérôme Bourrier. Pour l'avocat, cette expertise "fait totalement l'impasse sur la tentative de suicide" de l'adolescent en octobre 2022, évoquée par le procureur, "et les prescriptions médicales dont il était l’objet". "Ce n'est pas une expertise digne de ce nom, c'est un avis", a ajouté Me Sagardoytho pour qui "les vérités d'aujourd'hui risquent fort de ne pas être celles de demain".

"Je ne veux pas brosser le portrait d’un jeune homme dont je n'ai pas la compétence pour dire de quoi il souffre (...) mais beaucoup de ceux qui le connaissent devinent qu'il y a une problématique", "une sorte de noyade, de souffrance intime qui a pu mener à l’irréparable", a-t-il poursuivi. Selon lui, les parents du jeune homme sont "abasourdis" et "écrasés".


Marius BOCQUET avec AFP

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