Il était recherché depuis plus de 35 ans par les forces de l'ordre, mais François Vérove, un tueur en série plus connu sous le nom du "Grêlé", n'en avait cure.
C'est en effet en toute décontraction qu'il participait, en 2019, au jeu de Nagui, "Tout le monde veut prendre sa place" sur France 2, révèle l'hebdomadaire Marianne.
L'homme s'est donné la mort deux ans plus tard alors qu'il était sur le point d'être trahi par son ADN.

"On accueille François de la Grande-Motte, retraité policier !" Sur le plateau de l'émission de Nagui, "Tout le monde veut prendre sa place", sur France 2, c'est l'effervescence. Le jeu va bientôt commencer et la voix off présente avec entrain et bonne humeur les différents candidats qui vont devoir s'affronter en répondant à des questions de culture générale. Personne ne se doute alors que notre fameux "retraité policier" a plusieurs crimes à son actif.   

Pourtant, nous sommes le 13 mai 2019 et François Vérove, dit "Le Grêlé", a toutes les forces de l'ordre à ses trousses. Il est accusé d'au moins quatre meurtres et six viols entre 1983 et 1994 à Paris et en Île-de-France. Cette participation à un jeu télévisé, au vu et au su de tous, avait été révélée en 2022 par la journaliste Patricia Tourancheau dans son livre "Le Grêlé, le tueur était un flic" (Éditions du Seuil), mais l'hebdomadaire Marianne a retrouvé, ce mardi 12 mars, la vidéo. Elle est édifiante.         

Quatre meurtres et au moins six viols

Interrogé par Nagui, l'homme répond en toute décontraction aux questions posées sur sa carrière de policier et gendarme. "Vous fûtes policier", lui lance l'animateur. "À pied, en moto et à cheval", précise François Vérove, ajoutant : "J'ai commencé par le cheval à la garde républicaine au régiment de cavalerie", dit-il. L'échange se poursuit, tout aussi surréaliste. "Ouahhh !", lance Nagui qui ironise en soulignant le fait qu'il a "rarement été contrôlé en voiture par un cheval". 

"Parce que vous ne circulez pas dans le bois de Boulogne", lâche du tac au tac Le Grêlé. Et ce, alors qu’il a été mis à pied en 1986 pour une possible "affaire de mœurs" avec des prostitués dans ce même lieu de rencontre nocturne, rappelle Marianne. François Vérove finit ensuite par évoquer la difficulté qu'il y a à passer "entre 12 et 14 heures" à cheval. "C'est éprouvant, c'est pour ça qu'il y a un entretien régulier, physique, pour pouvoir tenir le choc", affirme-t-il, arguant que "la natation est très complémentaire". On en viendrait presque à le plaindre si on n'avait pas en tête son pedigree de tueur en série. 

Le 5 mai 1986, l’homme s’était attaqué à une enfant de 11 ans, Cécile Bloch, poignardée et violée dans le XIXe arrondissement de Paris. Une année plus tard, le 29 avril 1987, il s’en était pris à deux adultes, Gilles Politi, 38 ans, et Irmgard Mueller, 20 ans, qu’il avait étranglés dans leur appartement du quartier du Marais. Pendant de nombreuses années, il avait disparu des radars avant d’être soupçonné à nouveau en 1994 du meurtre de Karine Leroy, tuée à Meaux, alors qu'elle avait 19 ans. À l'époque, les enquêteurs sont persuadés d'avoir affaire à un ancien policier ou gendarme. 

Recherché durant 35 ans par la brigade criminelle, François Vérove a finalement été confondu par une vaste opération de prélèvement ADN lancée en 2021 auprès de quelque 750 gendarmes en poste en région parisienne à l'époque des faits. Quelques jours après sa convocation à la police judiciaire, il s’est donné la mort dans un appartement du Grau-du-Roi. Dans une lettre d'adieu et d'aveux, retrouvée sur les lieux, il avait écrit : "Je reconnais être un grand criminel qui a commis des faits impardonnables jusqu’à la fin des années 1990". 


Virginie FAUROUX

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