Qui est Vincent Reynouard, négationniste français, extradé depuis le Royaume-Uni ?

par TD avec AFP
Publié le 28 janvier 2024 à 14h56

Source : Sujet TF1 Info

Vincent Reynouard, 54 ans, fait l'objet d'une procédure d'extradition vers la France.
La justice écossaise a autorisé cette procédure, suite à son arrestation au nord d'Édimbourg.
Cet homme, plusieurs fois condamné en France pour négationnisme, nie la réalité de la Shoah.

En milieu de semaine, la justice écossaise a autorisé l'extradition d'un ressortissant français présent sur son sol. Arrêté en novembre dernier, le négationniste Vincent Reynouard était recherché par les autorités françaises, lui qui a par le passé été condamné à de plusieurs reprises en France. 

Ingénieur chimiste de formation, Vincent Reynouard est marié et père de six enfants. Ancien enseignant de mathématiques, il a été radié de l’Éducation Nationale en 1997 parce qu'il développait ses thèses pendant ses cours de mathématiques. L'homme, aujourd'hui âgé de 54 ans, avait fui en Écosse. Il y vivait sous une fausse identité, dans la région d'Anstruther, un petit port de pêche situé au nord d’Édimbourg. Une dissimulation qui a fonctionné jusqu'à son arrestation.

Un homme bien connu de la justice française

La traque de Vincent Reynouard a été pilotée par l'Office central de lutte contre les crimes contre l'humanité et les crimes de haine (OCLCH). Les recherches avaient débuté en août 2020, après qu'un tag "Reynouard a raison" avait été retrouvé sur le mémorial d'Oradour-sur-Glane. Un lieu hautement symbolique : dans ce village, la population avait été massacrée par la division SS Das Reich le 10 juin 1944.

Vincent Reynouard est loin d'être inconnu de la justice française puisque sa dernière condamnation dans l'Hexagone (à six mois de prison ferme) remonte à janvier 2021. Il était alors mis en cause pour une vidéo publiée en 2019, dans laquelle il niait la réalité de la Shoah.

L'intéressé, qui s'oppose à son extradition, a remis en cause à plusieurs reprises ce massacre, par le biais d'une série de vidéos diffusées sur internet. Les propos tenus sont "au-delà de ce qui est tolérable dans notre société", a estimé jeudi le shériff Christopher Dickson, à travers une décision écrite actant la procédure d'extradition. 

L'intéressé a estimé que les faits qui sont reprochés en France à Vincent Reynouard constituent également des crimes au regard de la loi écossaise. Ainsi, "rien ne s'oppose à son extradition", qui se révèle "compatible" avec la loi de 1998 sur les droits humains, transférant dans la loi britannique la Convention européenne des droits de l'homme. "Dans ces circonstances, j'ordonne que (Vincent Reynouard) soit extradé en France", a-t-il conclu.

Les textes de loi britannique diffèrent de ceux appliqués en France, en ceci qu'ils ne prévoient pas d'incrimination pour négationnisme. Pour autant, le juge a acté que les faits reprochés au ressortissant français, à savoir la "banalisation publique d'un crime de guerre" et la "contestation publique de l'existence de crimes contre l'humanité commis pendant la Seconde Guerre mondiale", étaient de nature à tomber sous le coup d'une loi portant sur les communications (Communications Act).


TD avec AFP

Tout
TF1 Info