Radis noir, gui ou noyer : les étranges prescriptions d’un médecin pour traiter le cancer du sein

La rédaction de LCI
Publié le 22 octobre 2017 à 19h19
Radis noir, gui ou noyer : les étranges prescriptions d’un médecin pour traiter le cancer du sein

Source : Thinkstock

FAUTE – Selon Le Parisien, un praticien français a récemment été radié pour deux ans par le Conseil national de l’ordre des médecins pour avoir traité le cancer du sein d’une patiente, finalement décédée, à coup de prescriptions homéopathiques diverses comme du radis noir ou des injections de gui.

Ses méthodes l’ont logiquement conduit à être sanctionné. Selon Le Parisien, qui rapporte l'information, un praticien français, installé dans le sud-est du pays, a récemment été radié pour deux ans par le Conseil national de l’ordre des médecins pour avoir "gravement compromis la santé de sa patiente" atteinte d’un cancer du sein. Une tumeur que le docteur D. traitait à coup de prescriptions homéopathiques aussi variées qu’étranges pour ce genre de maladie : du radis noir, du chardon-marie, du noyer, de l’arnica, mais aussi des injections de gui directement dans la poitrine. 

Le Parisien explique que cette condamnation fait suite à la plainte déposée en septembre 2012 par Claudie F., la victime, puis relayée par sa famille après son décès en mars 2013 des suites de sa maladie. "Ignorant son cancer, il ne lui prescrit aucun autre examen et ne prend pas contact avec l'hôpital de Grasse, où elle était suivie. Au contraire, il se borne à établir des prescriptions homéopathiques diverses", dit l’Ordre dans son jugement. "Il lui a ainsi laissé croire que ce traitement pouvait avoir un impact sur l'évolution même du cancer, la confortant ainsi dans sa conviction de pouvoir échapper au traitement classique."

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La défense du médecin mise à mal

Le mis en cause s’en défend. "Madame F. avait connaissance des limites de la médecine que je pratique, je n'ai jamais pu promettre à la patiente la guérison, je ne lui ai pas proposé de remèdes illusoires", a-t-il assuré lors de son audition, affirmant avoir conseillé à sa patiente de retourner consulter ses cancérologues. Problème : aucune de ces recommandations n’apparaît dans le dossier médical. "Le parcours de soins de cette femme a mis en lumière des manquements graves de la part du médecin homéopathe", estime le jugement, relayé par Le Parisien.

"La seule circonstance que Madame F. aurait renoncé au traitement chimiothérapique n'exonère pas le docteur D. de sa responsabilité", poursuit l’Ordre, qui critique un manque criant de déontologie. "Il devait en effet prodiguer à l'intéressée des soins conformes à son état de santé et aux données acquises de la science, en faisant, le cas échéant, appel à des tiers compétents, ce qu'il n'a pas fait. Il semble même qu'il ait délivré à Madame F. de fausses informations sur la réalité de son état de santé", conclut l'Orde, cité par Le Parisien.


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