Quatre jeunes garçons ont été retrouvés dimanche dans un appartement de Reims (Marne).
Ces mineurs âgés de 2 à 6 ans y avaient été laissés seuls par leur mère, placée en garde à vue depuis, de même que son compagnon.
TF1info fait le point sur cette affaire.

C'est une information qui a bouleversé l'opinion dès sa médiatisation. Lundi soir, la presse quotidienne de la Marne s'est fait l'écho d'une terrible affaire d'abandon de très jeunes mineurs dans la ville de Reims, information confirmée depuis par le procureur de la République François Schneider. 

 Dans un appartement de la ville, quatre enfants âgés de 2 à 6 ans ont été retrouvés seuls dimanche soir par les secours. Le parquet de Reims a immédiatement ouvert une enquête sur ces faits et la mère des petits, ainsi que son compagnon, ont été interpellés et placés en garde à vue. TF1info revient sur les détails connus de cette affaire. 

Qui a fait le signalement ?

C'est une connaissance de la mère des enfants qui a composé le 18 dimanche soir. Cette femme a alerté les pompiers de la situation de quatre jeunes enfants âgés de 2 à 6 ans qui se trouvaient seuls dans leur appartement du quartier Wilson. C'est là que la mère de famille et ses quatre enfants avaient emménagé le 19 avril dernier après avoir quitté la ville de Soissons où ils vivaient précédemment. 

La requérante avait l'information car son frère s'était vu demander par la mère des mineurs de passer voir les enfants au domicile car elle devait s'absenter. "On ne peut pas s'empêcher de penser que c'est pour se débarrasser de la question qu'il a fait appeler les pompiers" a commenté le procureur.

Ce qu'ont vu les pompiers en entrant dans l'appartement

En poussant la porte du domicile situé allée Beethoven à Reims, les soldats du feu, accompagné de la police qu'ils avaient prévenue, découvrent un appartement "vide et sale, sans vêtements ni nourriture" selon les détails donnés lundi soir par le procureur.

Au milieu de l'une des pièces, les quatre garçons nés en 2018, 2020, 2021 et 2022 étaient en train de "tenter de se faire à manger sur une plaque électrique posée à même le sol". "Une odeur de brûlé régnait dans l'appartement", a rapporté le procureur de la République François Schneider ce mardi en fin d'après-midi à l'occasion d'une conférence de presse. "La première parole qu'un enfant a dite aux intervenants, c'est qu'il avait faim" a ajouté le magistrat.

Par ailleurs, plusieurs des enfants, non changés depuis un moment, avaient leurs couches qui débordaient. Certains avec des excréments sur le corps. Des défécations étaient aussi présentes sur le sol de l'appartement. 

La mère et son compagnon interpellés

De retour au domicile, la mère des quatre enfants s'est retrouvée face aux policiers et aux pompiers. Peu après, son concubin, qu'elle avait appelé pour lui décrire la situation, est arrivé en état ivresse et une rébellion est intervenue avec les forces de l'ordre peu après. 

L'homme a été placé en garde à vue pour "rébellion et violation de son contrôle judiciaire". "Il était sous le coup d'un contrôle judiciaire qui lui interdisait de rentrer en contact avec cette dame et avec ses enfants suite à des violences commises à Soissons", a précisé le procureur. La mère a, elle, été placée en garde à vue pour "soustraction par ascendant de ses obligations légales compromettant la santé et la sécurité des enfants", puni de deux ans d'emprisonnement. Les deux sont nés en 1992.

L'homme était déjà sous le coup d'un placement sous contrôle judiciaire pour violences intrafamiliales et violences sur mineurs. Leur garde à vue a été prolongée lundi soir et s'est achevée ce mardi. 

Ce qu'ont dit les gardés à vue aux enquêteurs

Selon les premières investigations, dimanche la mère de famille avait demandé à un ami de s'occuper de ses enfants alors qu'elle allait "boire un verre chez une amie". "Visiblement, cet ami n'avait pas beaucoup d'appétence pour la garde des enfants car, comme madame tardait à rentrer, il avait alerté sa propre sœur pour lui décrire la situation. C'est elle qui a appelé les pompiers pour qu'ils interviennent et qu'ils 'libèrent' les enfants" a détaillé le magistrat. 

Selon un témoignage, la mère de famille était en réalité partie avec son concubin, qui avait interdiction d'entrer en contact avec elle, boire un verre chez une amie. 

"Madame conteste la soustraction par ascendant de ses obligations légales. Elle dit que l'appartement était propre et bien rangé. Une version des faits qui ne correspond pas tout à fait aux constatations qui ont été faites par les enquêteurs et à ce que j'ai pu voir", a dénoncé le procureur. "Monsieur de son côté a dit ne se souvenir de rien, sauf qu'il avait été appelé par madame dimanche soir pour venir sur place. Il n'a ni contesté ni informé la rébellion. Il a dit qu'il ne s'en souvenait pas", a-t-il ajouté. 

Les deux mis en cause se sont vus délivrer une convocation devant le tribunal correctionnel de Reims pour répondre de ces faits en date du 22 octobre 2024. Le concubin étant sous le coup d'une interdiction judiciaire, il doit être replacé en rétention et a été retransféré sur Soissons pour que la juge statue sur ce point. 

Où sont les enfants depuis ?

Les enfants, qui ont été trouvés "non dénutris" et qui ne présentaient pas de traces de violence, sont restés cinq heures seuls au domicile dimanche dernier. Ils ont été hospitalisés pour examen. "Une ITT d'un mois leur a été délivrée suite problèmes psychologiques engendrés" a indiqué le magistrat précisant que "visiblement, les enfants étaient largement laissés livrés à eux-même". 

Les quatre garçons, dont aucun n'est le fils du mis en cause, ont été placés ce mardi dans une famille d'accueil. "Les enfants, les malheureux, sont les principales victimes de tout ça. Ça fait beaucoup de peine quand vous les voyez" a confié le procureur. 

Le magistrat a par ailleurs ajouté qu'il y avait déjà eu des signalements concernant ces enfants. "La connaissance qui a fait appeler les pompiers explique que de temps en temps il amenait des biscuits aux enfants car ils n'avaient plus rien à manger. Le frigo était d'ailleurs vide dimanche" a ajouté le magistrat. "Les services sociaux avaient été alertés de la situation mais cela n'avait rien donné, notamment parce que la famille venait de déménager de Soissons vers  Reims. Du coup, chez nous cette femme n'était pas encore connue", a souligné par ailleurs François Schneider. 


A.S

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