REPORTAGE - "Ça fait partie de mon chemin de rédemption" : immersion dans le quotidien des femmes en prison

par T.A. | Reportage TF1 Stéphane GROUSSARD et Christophe NOWAK
Publié le 14 janvier 2024 à 16h50, mis à jour le 14 janvier 2024 à 17h24
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Source : Reportages découverte

En 2021, les femmes en prison ne représentaient que 2600 personnes, soit 3,3% de la population détenue.
Plus encore que les hommes, le parcours des femmes détenues est très souvent chaotique, émaillé de ruptures et de violences subies dès l’enfance.
"Reportages découverte" vous immerge dans le quotidien de ces prisonnières, au sein du "quartier pour femmes" du centre pénitentiaire de Réau (Seine-et-Marne).

Cellule 19, premier étage, aile gauche. À son arrivée dans le "quartier pour femmes" de la prison de Réau (Seine-et-Marne), il y a deux ans, Christine, ex-directrice commerciale de 59 ans, était surnommée "la blonde". Elle est devenue "la daronne", celle qui aide les autres. Cet après-midi, elle donne des conseils à sa codétenue Katia, qui n'arrive pas à remplir un formulaire pour sa prochaine permission. Une manière de recréer du lien, alors qu'aucun proche ne lui rend plus visite. 

"Il m'a fallu deux ans pour me rendre compte de l’amplitude de ce que j’avais commis"

"J'estime que ça fait partie de mon chemin de rédemption, explique la femme, dans le numéro de 'Reportages Découverte' à découvrir en tête de cet article. Arriver à faire du bien ou du bon autour de moi, c'est le seul moyen que j'arrive à trouver en interne." En 2019, Christine a été condamnée par la Cour d'assises du Val-de-Marne à 19 ans de réclusion criminelle pour avoir tué son mari. Depuis ce verdict, la voilà emprisonnée derrière les barreaux, le temps de purger sa peine.

"Il m’a fallu deux ans pour me rendre compte de l’amplitude de ce que j’avais commis, raconte la femme face à la caméra de notre équipe. Pas seulement que j’avais tué mon mari, mais de toutes les conséquences et tout ce que ça a pu engendrer : tu ne vas plus jamais vivre avec ta fille, tu ne vas plus revoir tes enfants, tes parents vont vieillir et peut-être qu’ils mourront alors que t’es en détention, sa fille n’aura jamais son père à son mariage… Et ça, et ça, et ça."

Une séparation avec les enfants difficile à vivre

Le premier étage du centre de détention pour femmes fonctionne au régime "portes ouvertes". Matin et après-midi, les détenues peuvent circuler comme bon leur semble d'une cellule à une autre. C'est le cas de Céline, jeune mère de 29 ans et condamnée à huit ans de prison pour tentative d’assassinat. Tous les jours, elle aime aller discuter dans "la grotte", la cellule de 9 mètres carrés occupée par son amie Nathalie. "C'est pas parce qu'on est en prison qu'on doit se laisser aller, lance cette dernière. Dehors, avant, les gens avaient une vie."

Pour une mère, la séparation est toujours une douleur vive. Une fois tous les dix jours, le juge accorde à Céline le droit de passer une heure avec sa fille et son fils, placés actuellement en famille d'accueil. Recréer le lien est toujours difficile dans les premières minutes. La visite a lieu au relais parents/enfants de la prison, sous l'œil d'une psychologue et d'une éducatrice. Au bout de quelques minutes et au prix de quelques efforts, l'atmosphère se détend peu à peu. Mais depuis son incarcération, Céline vit une relation en pointillés avec ses deux enfants.  

La suite du documentaire sur le quotidien de ces deux détenues, ainsi que sur le parcours d'autres femmes prisonnières, est à retrouver dans le numéro de "Reportages Découverte" visible en tête de cet article et en replay sur TF1+.


T.A. | Reportage TF1 Stéphane GROUSSARD et Christophe NOWAK

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