En février 2019, un couple était abattu devant chez lui par l'ex-mari de la jeune femme.
Après avoir passé quatre ans en prison, en détention provisoire, l'homme a été remis en liberté dans l'attente de son procès.
Les parents des victimes, furieux, témoignent auprès de TF1 pour réclamer une justice plus rapide.

Ils ont reçu ce coup de fil comme un coup de poignard. Une annonce, brève, laconique : celui qui a reconnu avoir tué leur fille, Caroline, et son compagnon Christophe, a été remis en liberté. Il attendra son procès dehors. Loin de sa cellule. "Il va reprendre une vie quasi normale. Vivre tranquillement, aller respirer l'air iodé, aller entendre le chant des oiseaux. Il va aller se promener en forêt, il va humer la terre. En cette même terre où nos deux enfants sont ensevelis. Moi, je ne conçois pas ça, pour moi, c'est non", se lamente Claude Noureux, la mère de Caroline, dans la vidéo du 20H de TF1 ci-dessus.

Lui, il sort de prison, mais nous, on est en prison. Quelque part, c'est le sentiment que j'ai.
Mario Granger, père de Christophe, tué avec Caroline

Les faits s’étaient déroulés dans la nuit du 4 au 5 février 2019 à Eu en Seine-Maritime. Cédric P. fait irruption devant le domicile de son ex-épouse Caroline et son nouveau compagnon Christophe. Armé d’un fusil, il tire deux balles à bout portant, les tuant sur le coup. Placé en détention provisoire à Rouen, cela faisait quatre ans qu'il attendait son procès. Il y a le Covid d’abord, puis la juge d’instruction tombe malade plusieurs mois, sans être remplacée. Résultat, le délai maximal de sa détention est atteint et aucune prolongation n'a été décidée par les magistrats. 

"Il aurait fallu que sa remise en liberté entraîne un risque d'une particulière gravité pour les personnes ou les biens, dit la loi. Et en l'occurrence, ce n'est pas le cas. Il a un casier judiciaire vierge, il est inconnu complètement de la justice, jamais une garde à vue. C'est quelqu'un d’inséré, qui a un enfant, qui travaille, qui n'a aucun problème en détention", avance l'avocat de l'accusé, maître Fabien Picchiottino. Cédric P. ne portera pas de bracelet électronique, mais il devra se rendre au commissariat plusieurs fois par semaine, et a l’interdiction de quitter le département. Il vit désormais à une quarantaine de kilomètres des deux familles. 

Du coup, leur hantise est de se retrouver face à lui. "Moi, je ne peux pas certifier dans l'état d'esprit que je vais être le jour où je vais le rencontrer. C’est impossible. On va être contraint à rester bientôt enfermés chez nous pour ne pas le voir, quoi. Lui, il sort de prison, mais nous, on est en prison. Quelque part, c'est le sentiment que j'ai", témoigne Mario Granger, le père de Christophe, qui vit cette annonce comme une trahison de la justice. 

Et il n'est pas le seul. Arnaud Lacroix était un ami proche de Caroline. Lui-aussi est bien décidé à médiatiser cette affaire, dans l’espoir que demain d’autres ne vivent pas la même situation. "Pour moi, la justice, ça ne va pas assez vite. Ça devrait être plus rapide. Ça fait déjà quatre ans qu'il est en prison, quatre ans que c'est arrivé. Il faut que ça aille plus vite, il faut que ça aille plus vite", insiste-t-il. Les avocats des deux parties estiment désormais que le procès de Cédric P. devrait avoir lieu, au mieux, au printemps 2024. 


Virginie FAUROUX Reportage vidéo : Florence de Juvigny et Frédéric Mignard

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