Ado tabassé par le père d'une fillette après des soupçons d'agression sexuelle : ce que l'on sait

S.M
Publié le 26 octobre 2022 à 15h21
JT Perso

Source : Sujet TF1 Info

Dans la nuit de jeudi 20 à vendredi 21 octobre, un individu a agressé sexuellement une fillette de 6 ans après être entré chez elle, avant de prendre la fuite.
La nuit suivante, le père de la victime et des proches ont retrouvé le suspect, un adolescent de 16 ans, et l'ont tabassé.
Deux enquêtes ont été ouvertes : l'une contre le suspect, l'autre contre le père.

L'affaire faire réagir jusqu'à l'Élysée. Un adolescent de 16 ans, soupçonné d'avoir agressé sexuellement une fillette de 6 ans à Roanne, dans la Loire, dans la nuit de jeudi 20 à vendredi 21 octobre, a été passé à tabac le lendemain par le père de la victime et trois de ses amis, avant d'être retrouvé par la police et hospitalisé. 

Le dimanche suivant, le jeune homme a été mis en examen et écroué, a annoncé le parquet de Roanne. Il est visé par une enquête pour "agressions sexuelles aggravées sur mineur de moins de 15 ans", a détaillé lundi le procureur de la République de Roanne, Abdelkrim Grini. En parallèle, la justice a ouvert dimanche une enquête pour "violences aggravées en réunion et avec usage d'une arme", visant le père de la petite fille. Voici ce que l'on sait de cette affaire.

Une fillette agressée sexuellement à son domicile

Un jeune homme se serait introduit, dans la nuit de jeudi à vendredi dernier, vers 3h du matin, par une porte-fenêtre mal fermée. Celle-ci donne sur le jardin, à l’intérieur d’une maison située dans le quartier le Mayollet, au sud-ouest de Roanne. Il serait ensuite monté au premier étage, dans la chambre d’une fillette de six ans, et aurait procédé à des attouchements sexuels, sans acte de pénétration. 

La mère de la victime était présente dans la maison, dans une autre pièce, où elle allaitait son bébé. Son mari, qui travaille de nuit, était absent. Alertée par un bruit et une forte odeur de transpiration, elle s'est rendue dans la chambre de sa fille, tombant nez à nez avec l'agresseur, qui a alors pris la fuite. Dès le lendemain, les parents de l'enfant ont déposé plainte.

Le suspect retrouvé par le père et roué de coups

La nuit suivante, de vendredi à samedi, le père de la fillette et trois personnes (voisins et amis) décident de surveiller le quartier, après que la mère de famille a décrit physiquement l'agresseur à son mari - et aux enquêteurs. Vers 2h du matin, ils repèrent un jeune homme qui correspond au signalement. 

Alors que ce dernier tentait, selon eux, d'escalader un grillage de la maison familiale, les quatre hommes ont maîtrisé l'individu, le prenant en photo. "Après avoir montré la photo du jeune homme à la mère de la fillette, qui l’a reconnu formellement, ils l’ont roué de coups, lui occasionnant une interruption totale de travail (ITT) de 10 jours, avant d’appeler la police", a déploré Abdelkrim Grini. 

L'adolescent écroué

Soigné à l’hôpital de Roanne, l’adolescent, un mineur isolé qui résidait depuis une quinzaine de jours dans une structure spécialisée voisine de la maison, a ensuite été placé en garde à vue et présenté dimanche à un juge d’instruction. S'il a été reconnu formellement par la mère de la jeune victime lors de cette procédure, "il nie les faits qui lui sont reprochés", indique le parquet. 

Une version confirmée par son avocate, Maitre Camille Thinon, mardi auprès du Parisien :  "Il faisait nuit. Mon client dit qu’il n’a jamais été dans cette maison, qu’il était au mauvais endroit, au mauvais moment", a-t-elle défendu, assurant que l'adolescent va "déposer plainte".

Le père mis en examen

En parallèle, le procureur de Roanne a ouvert dimanche une enquête pour "violences aggravées en réunion et avec usage d'une arme", un câble électrique, contre le père de famille et ses amis. Invité de BFMTV mardi soir, Abdelkrim Grini a déploré que si "chacun se fait justice soi-même, c’est la porte ouverte à l’arbitraire, à la vengeance". Excluant le fait de pouvoir parler de "légitime défense, plus de 24 heures après les faits", le magistrat a dénoncé des "violences intolérables". Il a toutefois ajouté que "la priorité du parquet a été avant tout de traiter l’affaire d’agression sexuelle sur cette fille de 6 ans".

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Recadrage du gouvernement sur l'État de droit

L'affaire a fait réagir dans la sphère politique. À droite, Eric Ciotti a notamment apporté son soutien au père de famille. "Qui peut condamner la réaction de ce père de famille ? Qui peut mesurer sa crainte, sa douleur ? Il ne devrait pas protéger sa fille, tenter que ça ne se reproduise pas ? (…) Je ne condamnerai pas le père de famille qui protège sa fille", a assuré le député LR des Alpes-Maritimes, sur BFMTV mardi.

Mercredi, le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran, a quant à lui rappelé que "l'État de droit doit primer". "Évidemment, nous comprenons l'émotion de ce père de famille : comment agirions-nous à la place de cette personne ? Il est difficile de le dire", a-t-il répondu lors d'un compte rendu du Conseil des ministres. "Ce que je peux vous dire comme porte-parole du gouvernement, c'est ma conviction profonde que l'État de droit doit primer et que nous ne souhaitons pas rentrer dans ce modèle de société où les gens se feraient justice eux-mêmes", a-t-il immédiatement nuancé.


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