Roanne : prison requise contre le père qui a lynché l'agresseur présumé de sa fille

Publié le 25 janvier 2023 à 9h31

Source : Sujet TF1 Info

Trois personnes étaient jugées mardi devant le tribunal correctionnel de Roanne.
Jusqu'à 12 mois de prison ferme ont été requis contre les suspects.
Ils sont accusés d'avoir passé à tabac en octobre dernier un mineur soupçonné d'avoir agressé sexuellement la fille de l'un d'eux, âgée de six ans.

Il avait décidé de se faire justice lui-même. Des peines jusqu'à 12 mois de prison ferme ont été requises à Roanne mardi 24 janvier contre trois personnes, dont le père d'une fillette, accusées d'avoir passé à tabac en octobre dernier un mineur soupçonné d'avoir agressé sexuellement une enfant de six ans.

Le père a reconnu avoir "pété un câble"

Abdelkrim Grini, le procureur de Roanne, a requis une condamnation à 18 mois de prison dont six à neuf mois de sursis probatoire contre le père de la fillette. Devant une salle d'audience comble, le père de famille a expliqué avoir "pété un câble", sous "le coup de l'émotion", lorsqu'il s'en est pris au jeune homme de 16 ans. Le représentant du parquet a indiqué que les quatre hommes - le père de la fillette et trois voisins - avaient organisé le 22 octobre dernier vers 3h du matin une sorte de "lynchage", rouant de coups l'adolescent à l'aide d'un bâton et d'un câble électrique.

Le père de la fillette, chauffeur-livreur de 28 ans, est le seul à avoir reconnu les violences. Le procureur lui reproche d'avoir revêtu l'habit de justicier. "On n'est pas dans le cadre de la légitime défense, avec une riposte conditionnée par le caractère immédiat et proportionnée à l’agression subie par l'enfant de ce monsieur", a-t-il souligné. "Si ça s'était passé à votre domicile, j'aurais applaudi et j'aurais même accepté une violence appuyée sur le moment", a toutefois concédé le procureur, tout en tançant le prévenu pour avoir "effectué des contrôles d’identité et interpellé des personnes pour les photographier dans les rues de Roanne". Une façon de mettre un terme aux débats nés cet automne sur le droit à se faire justice soi-même.

Le procureur a également requis une peine d'un an de prison, dont six mois avec sursis, pour un voisin et deux ans de prison, dont un avec sursis, pour un autre en état de récidive. Une "relaxe au bénéfice du doute" a été requise pour le quatrième. En détention provisoire après sa mise en examen pour agression sexuelle, l'adolescent n'a quant à lui pas assisté au procès pour des raisons de sécurité. Ce dernier nie toute agression, alors que la mère de la fillette assure avoir surpris chez elle, dans la nuit du jeudi 20 au vendredi 21, un jeune homme correspondant à son signalement. Un voisin l'a aussi reconnu alors qu'il marchait dans le voisinage cette nuit-là. Le jugement a été mis en délibéré au 7 mars.


La rédaction de TF1info

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