En cavale depuis seize ans, le mafieux italien devenu pizzaïolo à Saint-Étienne sera-t-il extradé ?

par B.L. avec AFP
Publié le 2 février 2023 à 20h00, mis à jour le 26 avril 2023 à 20h47

Source : JT 20h WE

Edgardo Greco était visé par un mandat d'arrêt européen depuis 2014, son extradition, ou pas, doit être décidée ce 27 avril.
Il est accusé, en Italie, d'être l'un des membres de la mafia 'Ndrangheta.
La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Lyon rend sa décision le 27 avril sur la demande d'extradition des autorités italiennes.

La fin d'une longue, très longue cavale. Le 2 février, Edgardo Greco a été interpellé dans la matinée à Saint-Étienne. L'homme, soupçonné par la police italienne d'appartenir à la mafia calabraise, la 'Ndrangheta, échappait aux forces de police depuis 16 ans.  

Le sexagénaire, condamné à la réclusion à perpétuité, a été arrêté par la police française grâce aux informations des carabiniers italiens, partagées entre les deux pays partenaires grâce au projet I-Can (Coopération Interpol contre la 'Ndrangheta). Edgardo Greco, âgé de 63 ans, travaillait le soir comme pizzaiolo dans une pizzeria de Saint-Étienne, en se faisant appeler Paolo Dimitri - l'identité d'un criminel des Pouilles, a indiqué l'agence de presse italienne AGI. 

Le fugitif faisait l'objet d'un mandat d'arrêt européen depuis 2014 du parquet de Catanzaro (Calabre, sud de l'Italie) après sa condamnation à perpétuité pour deux meurtres commis en janvier 1991 et une tentative de meurtre en juillet 1991. Le mafieux, qualifié de "dangereux" par Interpol, s'était échappé lors d'une garde à vue.

Condamné pour le meurtre de deux hommes avec des "barres de fer"

Il faisait partie à l'époque du clan Perna-Pranno, qui était le plus important dans la ville de Cosenza, où il vivait. "Il est considéré coresponsable de l'embuscade du 5 janvier 1991 qui a coûté la vie aux frères Stefano et Giuseppe B. qui voulaient une plus grande autonomie et la considération dans le milieu des clans de Cosenza", explique un communiqué des carabiniers italiens. Les victimes avaient été tuées "à coups de barres de fer dans un entrepôt de poissons (…) et leurs cadavres ont disparu et n'ont jamais été retrouvés", selon la même source.

Le ministre italien de l'Intérieur Matteo Piantedosi a dit sa "grande satisfaction pour cette importante opération", dans un message publié sur Twitter. Une interpellation "menée grâce aux importantes synergies développées dans le cadre d'un réseau international de coopération entre les forces de police. Les arrestations de dangereux fugitifs se poursuivent", a-t-il souligné.

La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Lyon rend sa décision le 27 avril sur la demande d'extradition des autorités italiennes. 


B.L. avec AFP

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