Drame familial à Meaux : une mère et ses quatre enfants tués

Une mère et ses quatre enfants tués à Meaux, le père en garde à vue : les derniers éléments de l'enquête

Publié le 26 décembre 2023 à 6h21, mis à jour le 26 décembre 2023 à 16h17

Source : TF1 Info

Cinq cadavres ont été découverts, lundi soir, dans un appartement de Meaux, en Seine-et-Marne.
Les victimes sont une femme et ses quatre jeunes enfants.
Le père, activement recherché, a été arrêté quelques heures plus tard.

Terrible découverte, lundi 25 décembre au soir, à Meaux. Les autorités ont retrouvé les corps sans vie de cinq personnes dans un appartement de la commune de Seine-et-Marne. Dans un communiqué, le parquet de Meaux a précisé que les victimes étaient "une mère de famille et ses 4 enfants respectivement âgés de 10 ans, 7 ans, 4 ans et 9 mois". Recherché après la macabre découverte, le père a été interpellé mardi matin par les policiers du commissariat de Sevran.

"Homicides avec préméditation"

Lors d'une conférence de presse, le procureur de Meaux, Jean-Baptiste Bladier, a décrit une "scène de crime d'une grande violence". La mère et les deux filles du couple ont été victimes "d'un grand nombre de coups de couteaux", a-t-il précisé alors que le petit garçon de 4 ans et le bébé de 9 mois ne présentaient "pas de plaies sur le corps", Jean-Baptiste Bladier évoquant la possibilité d'un "étouffement". Une autopsie sera menée pour déterminer les causes exactes de ces deux décès. 

Les corps ont été découverts aux alentours de 21h, lundi. Plus tôt, une amie de la famille s'était rendue au commissariat, s'inquiétant de ne plus avoir de nouvelles de la mère et assurant que cette dernière était victime de violences conjugales "très régulièrement". Une fois sur place, les forces de l'ordre découvrent des traces de sang devant l'entrée de l'appartement, au rez-de-chaussée. Elles forcent ensuite un volet et découvrent le corps de la mère dans le couloir, puis celui d'une adolescente dans la chambre, de deux enfants dans la salle de bain et la cuisine, puis le nourrisson dans une autre chambre. 

Le père, lui, n'est pas présent sur place. Au cours de l'enquête, les policiers découvrent des images le montrant en train de quitter l'appartement lundi aux alentours de 20h. Une heure plus tard, ils déterminent qu'il est monté dans une Toyota, un véhicule retrouvé vide dans la soirée sur la commune de Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Sur place, les images de vidéosurveillance attestent qu'il sort seul de la voiture. Les enquêteurs décident alors de mettre un dispositif de surveillance au domicile de la mère du suspect qui réside à Garges-lès-Gonesse (Val-d'Oise) et de son père qui réside à Sevran (Seine-Saint-Denis). C'est au domicile de ce dernier qu'il est interpellé par les policiers locaux mardi matin vers 7h50.

Un profil inquiétant

Dès son interpellation, le suspect a fait état de son "mal-être personnel et sa dépression", a détaillé lors de sa conférence de presse le procureur de Meaux. Souffrant de lacérations à une main, il est ensuite hospitalisé sous le régime de la garde à vue. L'individu n'a pas d'antécédents judiciaires, a précisé Jean-Baptiste Bladier mais avait fait l'objet d'une "procédure relative à des violences avec un couteau" sur sa femme au domicile familial. Des faits qui remontent à 2019, la victime ayant toutefois refusé de porter plainte, tandis que le suspect est "hospitalisé en psychiatrie" jusqu'en janvier 2020. 

À cette époque, il avait expliqué son geste par ses idées noires, affirmant ne pas vouloir faire de mal à son épouse. "Le coup est parti tout seul", avait-il affirmé, selon les propos rapportés par le procureur. Interrogée sur d'autres violences, la mère de famille n'avait rapporté "qu'une" gifle quand l'aîné du couple était petite et avait évoqué un épisode en 2017 au cours duquel son conjoint avait tenté de se suicider. Depuis cette époque, l'homme était d'ailleurs suivi pour des troubles dépressifs et psychotiques.

L'enquête devra désormais préciser le déroulé exact des faits. Une information judiciaire "pour homicides volontaires sur mineurs de 15 ans et homicide volontaire par conjoint" a été ouverte. La peine encourue est la réclusion criminelle à perpétuité. Mais les précédents psychologiques du suspect pourraient laisser penser à une altération ou à une abolition du discernement. Dans le premier cas, la peine encourue est de 30 ans de prison, dans l'autre, "il y aura une voie procédurale pour prononcer des mesures de sûreté", a précisé le procureur. 


La rédaction de TF1info avec AFP

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