Seine-et-Marne : des dizaines de policiers mobilisés pour un "faux" féminicide, une enquête ouverte

par A.S avec Raphaël Maillochon
Publié le 3 mars 2024 à 8h44

Source : Sujet TF1 Info

Le 26 février dernier, un appel est passé au 17 par un petit garçon qui déclare que son père a tiré sur sa mère dans leur domicile familial à Bois-le-Roi (Seine-et-Marne).
Dépêchés sur place, les policiers se sont retrouvés face… à une famille qui dormait.
Une enquête a été ouverte par le parquet de Fontainebleau pour faire la lumière sur ce canular.

Une mauvaise blague qui, s'il ou elle est identifié(e), va coûter très cher à son auteur(e). Le lundi 26 février vers 22h20, le commissariat de Fontainebleau reçoit l'appel d'un enfant paniqué. Il se présente alors à son interlocuteur comme un petit garçon de 7 ans qui vient d'assister à une scène terrible : son père a tiré à la carabine sur sa mère dans leur maison familiale. 

Questionné par le policier au bout du fil, le garçonnet explique que depuis le tir, il s'est enfermé dans sa chambre et donne des détails sur la maison pour permettre sa géolocalisation. "Les renseignements apportés par le requérant étaient très fins avec de nombreuses infos qui se sont vérifiées être exactes à la fin", glisse une source proche du dossier à TF1info. Le fonctionnaire demande alors à l'enfant où se trouve présentement son "papa" et tireur présumé. "Assis en bas dans son fauteuil", répond le garçonnet. Sans attendre, l'alerte est donnée…

Un couple se présente sur le pas de porte

Dix équipes de police regroupant pas loin d'une quarantaine de fonctionnaires sont envoyées sur place. Le patron du département se rend sur zone. Dans le même temps, comme le veut la procédure, le RAID est prévenu. En effet, en cas de forcené ou d'usage des armes, le rôle de la police dite classique est de figer la situation sur place, charge à l'unité d'élite d'interpeller le suspect. 

Des policiers de la BAC, casque lourd, gilet pare-balle spéciaux sont également mobilisés pour encercler la maison. À 00h10, ils sont en place. C'est alors que l'intervention prend une tournure totalement inattendue. Alors que les forces de l'ordre entourent la petite maison, une femme en robe de chambre se présente à la porte du domicile. "C'est la police, vous êtes toute seule à dormir ici madame", lance l'un des policiers avant de pénétrer dans la maison avec ses collègues. 

Les agents ont tout de même effectué des vérifications dans la maison. Rien à signaler. L'intervention du RAID est annulée. Les policiers se déséquipent et retournent au service. 

Un canular pour faire le "buzz"

L'affaire ne s'arrêtera pas là. Six minutes plus tard, à 00h16, le commissariat de Fontainebleau reçoit un nouvel appel du même numéro. Au bout du fil, un homme qui affirme résider en Belgique et qui précise que son compte a été piraté via le réseau social Discord. 

Selon les premiers éléments de l'enquête, le premier appel malveillant à 22h20 a été passé via un numéro de téléphone usurpé. Les policiers ont en effet vu sur leur écran apparaître un numéro en "+ 33 6..." mais le titulaire de la ligne n'a jamais passé ce coup de fil. Via un smartphone ou un ordinateur, il est en effet très simple pour un hacker de faire comme s'il appelait via un numéro précis alors que ce n'est pas le cas. 

Un policier bien informé révèle que ce "swatting", cette pratique venue des États-Unis, aurait été organisé depuis la Belgique via un forum sur le réseau social Discord pour faire "le buzz". L'enquête pour cette nouvelle affaire a été confiée au commissariat de Fontainebleau. 

Une pratique lourdement sanctionnée

Ce phénomène n'est pas nouveau. Souvent des plaisantins appellent les forces de l'ordre pour les faire intervenir. Il y a plusieurs mois, la police est intervenue chez un streamer connu alors que ce dernier était en live sur internet tout en étant regardé par ses milliers d'abonnés.

Les autorités rappellent qu'une fausse alerte, par la nécessité de déplacement des forces de l'ordre et secouristes, retarde toute intervention pour ceux qui en ont vraiment besoin. "Le fait de communiquer ou de divulguer une fausse information dans le but de faire croire qu’une destruction, une dégradation ou une détérioration dangereuse pour les personnes va être ou a été commise est puni d'une peine allant jusqu'à 2 ans d'emprisonnement et 30 000 euros d'amende", selon l'article 322-14 du Code pénal.


A.S avec Raphaël Maillochon

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