Sofiane Rasmouk condamné à la réclusion criminelle à perpétuité

Le service METRONEWS
Publié le 30 mai 2016 à 17h34
Sofiane Rasmouk condamné à la réclusion criminelle à perpétuité

VERDICT - Ce lundi 30 mai, la cour d'assise des Hauts de Seine a condamné Sofiane Rasmouk à la réclusion criminelle à perpétuité pour tentative de meurtre, tentative de viol et viols sur deux jeunes femmes au mois d'août 2013.

La cour d'assise de Nanterre a rendu sa décision. Ce lundi 30 mai, après cinq heures de délibéré, elle a condamné Sofiane Rasmouk à la réclusion criminelle à perpétuité pour tentative de meurtre, tentative de viol et viols sur deux jeunes femmes au mois d'août 2013, à Colombes, conformément aux réquisitions de l'avocat général.

Un verdict qui intervient au terme d'un procès aussi chaotique que déséquilibré dont chacun s'est imaginé qu'il pouvait à tout instant être reporté à une date ultérieure. C'est que le principal intéressé, cerné dans le box entre trois gendarmes, n'a rien voulu entendre de la vérité judiciaire, qui l'accuse, lui, Sofiane Rasmouk, d'être un violeur.

Exclusions et psychodrame

Son désaccord, on n'a vu que lui. Ce sont des doigts qui se pointent, menaçants. Une voix qui tempête pour crier au complot policier et s'indigner lorsque la parole lui est reprise. Des expulsions qui virent au psychodrame lorsque ses dénégations bruyantes se font insupportables. Une ligne de défense que son avocat, Francis Terquem, a visiblement du mal à assumer. Successivement, dès le troisième jour de procès, Sofiane Rasmouk récuse ses deux conseils, réclamant à cors et à cris d'être représenté par David-Olivier Kaminski, en vain.

Car pour Edith Sudre, présidente de cette salle d'assise, il est hors de question d'ajourner le procès. "Il y a des victimes ici présentes qui attendent des explications" répète-t-elle, inflexible, en regardant Priscillia et Sandra, qui n'osent pas même jeter un oeil en direction du mis en cause. Pour assurer la défense de Sofiane Rasmouk, maître Terquem sera commis d'office. Que cela plaise à l'accusé, ou non. Rabroué à chaque question par son propre client, l'avocat finit par se murer dans une indifférence glaciale, lui laissant le soin d'intervenir auprès des experts et témoins, dans une parodie d'avocat ridicule.

Pas de débat sur les faits

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Mais au dernier jour du procès, la parole est finalement rendue à Francis Terquem. Et dans une plaidoirie saisissante, finement construite, il prend le contrepied total de Sofiane Rasmouk qui nie en bloc les faits de viols, pour le présenter... comme un violeur, qui n'avait pas l'intention de tuer. 

Et les faits, dans tout ça ? Comme l'a remarqué l'avocat général Dominique Borron au cours de son réquisitoire, "il n'y a pas eu de débat sur les faits, tout au plus une évocation". Parfaitement ingérable, Sofiane Rasmouk a empêché toute discussion sur le fond. Et l'audience, aux allures d'un passage en force, s'est privée de débats contradictoires, pourtant nécessaires à la bonne tenue d'un procès d'assise. Chose étonnante : à l'énoncé du verdict, le condamné est resté de marbre. Quelques jours plus tôt, il avait déjà émis le souhait de faire appel. 


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