Soupçons de maltraitance dans une école talmudique de Seine-et-Marne : 40 mineurs pris en charge

Publié le 1 février 2022 à 16h24

Source : TF1 Info

Un établissement talmudique de Seine-et-Marne est soupçonné de "maltraitance" depuis des années à l'encontre de ses élèves.
Selon plusieurs sources, l'établissement juif ultraorthodoxe flirtait avec la dérive sectaire.
17 responsables sont en garde à vue et une quarantaine de mineurs ont été pris en charge par l'aide sociale à l'enfance.

Une quarantaine d'élèves d'une école talmudique de Seine-et-Marne ont été pris en charge le 31 janvier par l'aide sociale à l'enfance. La Yeshiva Beth Yossef, un établissement ultraorthodoxe situé dans un domaine isolé à Bussières, à 60 km de Paris, est soupçonnée de maltraitance et flirterait avec la dérive sectaire. 

Pour le moment, ce sont 17 personnes responsables qui ont été interpellées et placées en garde à vue. Une enquête a été ouverte pour "violences aggravées", "séquestration en bande organisée", "privations de soins et d'aliments" et "abus de faiblesse aggravé". 

Une enquête ouverte en juillet 2021

Les 40 mineurs, âgés de 12 à 18 ans, sans "autorité parentale sur le territoire français", ont été pris en charge dans le cadre "d’un accueil administratif d'urgence sur 5 jours", a indiqué le département dans un communiqué. 22 jeunes majeurs étaient également accueillis dans l'établissement. Les élèves étaient principalement de nationalités israélienne et américaine.

Selon un communiqué de la procureure de Meaux, Laureline Peyrefitte, l'établissement accueillait les élèves "de manière non déclarée", et "dans des conditions abusives", relevant des cas d'"enfermement, confiscation des documents d'identités, conditions de vie dégradées, actes de maltraitances, absence d'accès à l'éducation et aux soins, et sans possibilité de revenir dans leur famille"

Ces pratiques dureraient depuis des années. Toujours d'après le communiqué, une enquête avait été ouverte en juillet 2021 à la suite d'un signalement au parquet de la part de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, alertée par "une information préoccupante" d'une association israélienne, le Centre Laraéli pour les victimes de cultes.

Plusieurs fugues de l'établissement semblent confirmer les faits de maltraitance

Le parquet de Meaux avait par ailleurs été saisi à la suite de la fugue d'un adolescent de 15 ans de nationalité américaine, également en juillet 2021. Selon les informations du service police-justice de TF1/LCI, il s'était rendu jusqu'à Paris pour trouver refuge à l'ambassade des États-Unis. Il avait alors dénoncé les mauvais traitements, les violences, la nourriture périmée, mais aussi l'insalubrité du bâtiment. 

Celui-ci faisait effectivement l'objet d'un arrêté de fermeture au public par le maire de Bussières, "en raison de son état de délabrement et de l'absence d'accès aux locaux par la commission de sécurité de la préfecture", précise le communiqué de la procureure. Selon cette source, les conditions de fonctionnement et de financement de l'association faisaient également l'objet d'une attention particulière.

D'autres fugues seraient advenues entre novembre et décembre. "Ils ont pu, dans la foulée, rejoindre leurs pays via leurs ambassades. Auparavant, ils ont été auditionnés par les enquêteurs. Leurs témoignages ont consolidé les soupçons de mauvais traitements et le fonctionnement douteux de cette école talmudique", a précisé la procureure, contactée par le service police-justice de TF1/LCI. 

L'école juive-orthodoxe appartient à l'une des mouvances les plus rigoristes du hassidisme, dite "lituanienne", très présente en Israël et aux États-Unis, mais peu en France. Selon le site internet de l'école, l'institution Ohr Yossef, dont dépend la yeshiva, a été fondée en 1948 par le rabbin orthodoxe Gershon Liebman. "Les élèves y approfondissent assidûment leurs connaissances 'thoraïques' afin de devenir eux-mêmes des Maîtres de la Torah", est-il présenté sur le site.


La rédaction de TF1info

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