La moquée de Pessac (Gironde) a été taguée dans la nuit de samedi à dimanche.
Les propos racistes inscrits ont été revendiqués par "Action directe identitaire".
Un événement qui intervient alors que l’imam de la mosquée est menacé d'expulsion.

C'est la septième fois en neuf ans et la cinquième fois en trois ans que les musulmans sont visés dans cette commune du sud-est de Bordeaux (Gironde). Dans la nuit de samedi à dimanche, la mosquée de Pessac a été de nouveau vandalisée. 

Sur le fronton du bâtiment, les fidèles ont découvert au petit matin des tags racistes en grosses lettres noires :"Imams étrangers, hors de France !" et  "Soyez racistes : votez blanc". Cette action nocturne a été revendiquée par "Action directe identitaire" qui a signé les inscriptions. 

Une enquête a été ouverte par le parquet de Bordeaux et des investigations sont en cours pour tenter d'identifier et retrouver les tagueurs. 

Avocat de la mosquée de Pessac

"Profanation par des militants racistes"

Cet événement n'intervient sans doute pas par hasard en cette fin du mois de mai. Il s'est produit en effet à deux semaines des élections d'européennes, alors que l'immigration est au cœur de la campagne, et à quelques jours d'une procédure d'expulsion qui vise l'imam nigérien de la mosquée de Pessac, Abdouramane Ridouane. 

"Cette nuit la mosquée de Pessac a été victime d’une septième profanation par des militants racistes : voilà où mène la politique de l’État", a réagi dimanche matin sur X Me Sefen Guez Guez, avocat du président de la mosquée de Pessac à cinq jours de l'audience publique qui doit se tenir devant le tribunal judiciaire de Bordeaux concernant la demande d'expulsion de son client. L'avocat dénonce un "acharnement" et considère que l'on reproche à son client "son attachement à la défense de la cause palestinienne et sa critique de la politique internationale de la France".

"La procédure d'expulsion me visant est une cible collée dans mon dos par la préfecture que les snipers de l'extrême droite n'ont pas manqué de saisir", a commenté pour sa part le principal intéressé sur Facebook. Abdouramane Ridouane dénonce une "nouvelle attaque haineuse à travers des tags islamophobes et racistes, peints sur ses murs par un individu cagoulé qui se revendique du groupe facho suprémaciste Action Directe Identitaire".

L'imam estime encore que "la menace se concentre de plus en plus contre la mosquée de Pessac" et contre sa personne "avec la bénédiction des autorités qui nourrissent ce climat avec leur acharnement sur moi depuis des années". 

Les services de l’État étant entrés depuis lundi en période de réserve électorale, la préfecture de Gironde n'a pu répondre ce mardi matin à la demande d'information de TF1info sur ce sujet. Elle sortira de son devoir de réserve après les élections du 9 juin 2024. 

"Vos cercueils ou vos valises"

La dernière fois que la mosquée avait été visée, c'était en novembre dernier. Abdourahmane Ridouane, avait déjà dénoncé une "abjecte menace de mort de la fachosphère contre les fidèles de la mosquée de Pessac", en diffusant sur Facebook une photo d'un tag - "vos cercueils ou vos valises" - inscrit sur les grilles du lieu durant la nuit du 5 novembre. L'imam avait alors évoqué un "climat de haine qui se nourrit de toutes les polémiques au sujet de l'Islam et des musulmans". 

La mosquée de Pessac avait précédemment été visée par des inscriptions haineuses en mars 2023, ainsi qu'en octobre 2022, avec des tags appelant à une "revanche nationaliste" et à obtenir "justice pour Lola", collégienne de 12 ans tuée à Paris par une ressortissante algérienne. Des plaintes ont à chaque fois été déposées, selon le responsable de cette mosquée.

Sa fermeture temporaire en 2022 par les autorités, qui la suspectaient de diffuser "une idéologie salafiste", avait été annulée par le tribunal administratif puis par le Conseil d'État.


A.S

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