Strasbourg : plaintes déposées après une agression antisémite à l'université

par A. Lo. avec AFP
Publié le 2 février 2024 à 20h58

Source : TF1 Info

Trois personnes, dont deux étudiants, ont été agressées dans la nuit du 28 au 29 janvier à l'université de Strasbourg.
Selon leur récit, ces personnes, toutes trois juives, ont été traitées de "fascistes sionistes" et ont été frappées.
Des plaintes ont été déposées.

Des faits très graves, dénoncés par le président de l'université. Dans un communiqué, Michel Deneken, responsable de l'université de Strasbourg, a dénoncé une agression antisémite, survenue sur un campus dans la nuit de dimanche 28 à lundi 29 janvier. Il explique que "trois jeunes gens juifs, dont deux étudiants, ont été victimes d'une agression physique et verbale aux cris de 'fascistes sionistes' par un groupe de six personnes." Des plaintes ont été déposées.

C'est une violence qu'on n'a jamais connue ici
Michel Deneken

"Les conséquences de leur agression ont été constatées par la médecine de ville et la médecine légale après un dépôt de plainte à la police", rapporte effectivement Michel Deneken dans le communiqué. Selon la police, qui a confirmé les plaintes, notamment pour coups et blessures, les victimes ont reçu des coups "mais il n'y a pas eu d'hospitalisation". Aucune interpellation n'a encore eu lieu, l'enquête étant toujours en cours.

 À l'AFP, Michel Deneken raconte s'être entretenu avec une des victimes, étudiant en droit. "Il a été frappé, jeté à terre, c'est un fait très grave", a déclaré le président. "C'est une violence qu'on n'a jamais connue ici". Depuis l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre, "on a eu des tags qu'on effaçait le matin pour éviter que les esprits s'enflamment. Ces jours-ci, on a eu quelques blocages avec des slogans limites parfois par rapport à Israël, mais c'est la première fois qu'on a des faits aussi graves", a-t-il poursuivi, annonçant que l'université allait aussi porter plainte.

Dans un communiqué, l'Union des étudiants juifs de France (UEJF) a expliqué qu'un militant de l'UEJF accompagné de deux autres étudiantes juives étaient en train de coller des affiches appelant à la libération des otages du Hamas ainsi que la phrase "Non à l'antisémitisme" à proximité du campus de droit lorsqu'ils ont été menacés verbalement par une "militante antisioniste". Celle-ci est revenue avec un groupe de cinq personnes qui ont frappé les trois étudiants aux cris de "fascistes sionistes", indique l'UEJF, précisant que "l'une des victimes souffre d'importantes contusions".

L'UEJF a indiqué saisir son avocat, Sacha Ghozlan, pour se joindre aux plaintes déposées par les victimes. "Cette agression physique antisémite commise en réunion ne peut rester impunie", a déclaré Samuel Lejoyeux, président de l'UEJF. "C'est effroyable et inadmissible. Il nous faut collectivement dénoncer ce fléau qu'on doit endiguer et stopper", a réagi Abdelaziz Choukri, administrateur de la grande mosquée de Strasbourg. Bruno Studer, député Renaissance du Bas-Rhin, a également tenu à apporter son "profond soutien" aux victimes.


A. Lo. avec AFP

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