Suicides dans la police : série noire depuis début de l'année

La rédaction de LCI
Publié le 27 janvier 2022 à 11h40, mis à jour le 27 janvier 2022 à 16h52
JT Perso

Source : TF1 Info

Depuis le 1er janvier, dix policiers ont mis fin à leur jour en France.
Le syndicat Unité SGP-Police lance un cri d'alarme.
Pour prévenir ces suicides, le ministre de l'Intérieur a annoncé mercredi le recrutement de psychologues.

Janvier n'est pas terminé et déjà les chiffres sont dramatiques. Au cours des 27 jours du premier mois de l'année 2022, ce sont dix policiers qui ont mis fin à leur jour. "Un personnel administratif du commissariat de police de Rennes, né en 1987,  est décédé ce jeudi vers 12.10 en se jetant volontairement depuis le haut de l’immeuble du service. Un magistrat du parquet de Rennes s’est rendu sur place dans le cadre de l’enquête en recherche des causes de la mort" a indiqué ce jeudi le procureur de la République de Rennes Philippe Astruc à LCI. 

Quelques jours plus tôt, un jeune agent âgé de 22 ans, affecté à la division Nord de Marseille, qui s'est donné la mort à son domicile dans la nuit de dimanche à lundi avec son arme. La préfecture a annoncé son décès et fait part de ses condoléances sur les réseaux sociaux le jour même. 

"On ne peut écarter le lien avec le milieu professionnel"

Grégory Joron, secrétaire général d’Unité SGP-Police-FSMI, lance un cri d'alarme ce jeudi dans les colonnes du Parisien. Il rappelle qu'''un d’entre eux s’est jeté sous un train, un autre s’est pendu". Avant de préciser que "les deux tiers se sont suicidés avec leurs armes de service, à leur domicile", comme le jeune policier marseillais

"Ces fonctionnaires sont essentiellement des gardiens et des gradés, huit hommes et une femme (les femmes représentent 20% du corps) âgés de 22 à 61 ans", commente Grégory Joron auprès de nos confrères. "Les causes du suicide sont toujours plurifactorielles mais on ne peut jamais écarter le lien avec le milieu professionnel : mauvaises conditions de travail, manque de considération, management parfois trop rude…"

Une vingtaine de psychologues recrutés

Après ces tristes événements, Gérald Darmanin a annoncé mercredi 26 janvier devant le Sénat le recrutement d'"une vingtaine de psychologues dans les endroits les plus difficiles de la police nationale" pour prévenir les suicides parmi les policiers. Le ministre de l'Intérieur a relevé que "l'essentiel des suicides" avaient "un lien direct avec la vie personnelle et non pas professionnelle de ces personnes", tout en soulignant que cette précision ne visait pas à "les minimiser".

"Le fait que ces policiers et gendarmes ont une arme de service malheureusement contribue au passage à l'acte plus que dans d'autres administrations", a-t-il souligné. Pour autant, a-t-il ajouté, "l'administration ne se sent pas dédouanée des drames que nous connaissons".

En moyenne, il est recensé entre 30 et 40 suicides par an dans la police. L'année 2019 avait marqué un record avec 50 décès. C'est cette année-là que le ministre de l'Intérieur d'alors, Christophe Castaner, avait annoncé différents dispositifs dont la mise en place d'un numéro unique d'appel permettant aux fonctionnaires d'avoir un accès anonyme, confidentiel et gratuit à des psychologues.


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