Supporter de Bastia éborgné en 2016 : le policier condamné à deux ans de prison avec sursis

I.N avec AFP
Publié le 7 octobre 2022 à 22h21
JT Perso

Source : Sujet TF1 Info

Maxime Beux, supporter du SC Bastia, a perdu l'usage de son œil gauche par un coup de matraque télescopique porté par un policier en 2016, à Reims.
Ce vendredi, l'accusé, qui plaidait l'acquittement, a été condamné à deux ans de prison avec sursis.

Le policier qui avait éborgné un supporter bastiais lors d'échauffourées après un match de Ligue 1 à Reims en 2016 a été condamné ce vendredi à deux ans de prison avec sursis. Cette peine, annoncée à l'issue de presque cinq heures de délibéré, est conforme aux réquisitions de l'avocat général, Matthieu Bourrette. La défense avait plaidé l'acquittement.

"Le scénario catastrophe aurait été un acquittement", a réagi la victime Maxime Beux auprès de l'AFP. "La réquisition a été suivie. Dont acte [...] Ça va me permettre de passer à autre chose." "Ne pas condamner" cet ancien de la BAC, jugé pour avoir "volontairement commis des violences" serait "tout simplement illégal, mais le condamner trop lourdement serait tout simplement inique", avait déclaré Matthieu Bourrette dans ses réquisitions. Il avait demandé aux jurés d'admettre que le policier "a commis un crime, mais, par le choix de la sanction, qu'il n'est pas un criminel".

La victime prise en charge 1h10 après avoir été blessée

Le soir du 13 février 2016, lors d'échauffourées dans le centre de Reims à l'issue du match remporté par le SC Bastia, l'accusé avait fait usage de sa matraque télescopique contre Maxime Beux, 22 ans à l'époque, causant la perte fonctionnelle irréversible de son œil gauche. Après des tensions et un coup de pied donné par le jeune homme à sa voiture, le policier s'était lancé à sa poursuite avant de le frapper, selon lui, "en visant l'épaule". Malgré sa blessure saignante à l'œil, Maxime Beux avait été menotté, placé en garde à vue et pris en charge par les secours seulement 1h10 après le coup.

Le policier, 50 ans, désormais en service dans un commissariat de Reims et privé du port d'arme, encourait 15 ans de réclusion criminelle. À la barre, il a rejeté toute idée de "violences volontaires", estimant avoir agi de manière proportionnée et obéissant à des ordres. "Je n'ai aucunement voulu détruire sa vie", a-t-il lâché, réaffirmant ses "regrets" ce vendredi.

En garde à vue, le policier avait d'abord affirmé que le jeune homme s'était blessé en chutant sur un poteau, une version reprise pendant deux ans par les autorités. "Ce dossier part d'un mensonge initial, éhonté" d'un policier "couvert pendant trop longtemps par sa hiérarchie", et qui "nie l'évidence", a plaidé l'avocat de la victime, Me Benjamin Genuini.

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Depuis l'ouverture du procès mardi, policiers et supporters se sont renvoyés la responsabilité des échauffourées. Les premiers ont pointé du doigt des insultes racistes, chants anti-français et anti-police, et des tags haineux griffonnés dans les toilettes, dont un proclamant "on a tué votre préfet", en référence à la mort du préfet Erignac par Yvan Colonna. Pour Maxime Beux, interdit de stade à deux reprises en 2014 et 2017, les policiers "voulaient se faire les Bastiais" et ont harcelé son groupe.


I.N avec AFP

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