Tariq Ramadan mis en examen pour viols sur une cinquième femme

P.G avec AFP
Publié le 23 octobre 2020 à 7h41
Tariq Ramadan mis en examen pour viols sur une cinquième femme

Source : AFP

MIS EN EXAMEN - Tariq Ramadan affronte fait désormais face à cinq cinq mises en examen pour viols. Les juges d'instruction ont retenu les faits de 2013-2014 dénoncés par Mounia Rabbouj, qui accuse l'islamologue de l'avoir violé à neuf reprises.

Après deux ans d'instruction, les juges d’instruction ont tranché. Tariq Ramadan fait désormais l'objet de cinq mises en examen pour viols. C'est le total auquel ils sont parvenus après avoir retenu la plainte de Mounia Rabbouj, qui accuse l’islamologue de viols entre 2013 et 2014.

L’islamologue, a de nouveau été interrogé par les enquêteurs jeudi 22 octobre au Tribunal de Paris. C'est au cours de cet interrogatoire que ces nouvelles poursuites lui ont été annoncées, ont indiqué ses avocats. Ces derniers ont estimé qu’il "n'y aucun élément nouveau. C'est une mise en examen de pure forme pour pouvoir organiser prochainement la confrontation", ont-ils indiqué. Pour eux, "ce n'est pas la parole de Tariq Ramadan contre celle de cette femme, c'est cette femme contre ses propres mensonges graves et concordants", ont-ils ajouté. L’avocat de Mounia Rabbouj a quant à lui déclaré que "c'est un tournant fort". "Les investigations ont démontré combien la parole de ma cliente était aussi fiable que constante", a réagi Me Eric Morain.

Une robe tachée de sperme

Mounia Rabbouj avait porté plainte en mars 2018 contre Tariq Ramadan. Elle l'accusait de l’avoir violé neuf fois entre 2013 et 2014, en France, à Londres et à Bruxelles. Ce qui faisait suite à sa mise en détention provisoire en février 2018 dans le cadre des enquêtes sur d'autres accusations de viol portées par Henda Ayari et une autre femme appelée "Christelle", respectivement pour des faits remontant à 2012, à Paris, et à 2009, à Lyon.

Suite à sa plainte, Mounia Rabbouj avait livré une robe tachée du sperme de Tariq Ramadan, qui contestait jusqu'alors la moindre relation sexuelle avec elle. En juin 2018, il finissait par reconnaître ces relations, non seulement avec Mounia Rabbouj, mais aussi avec d'autres maîtresses. Pour défendre leur client, les avocats de Tariq Ramadan avaient fourni près de 300 vidéos et plus de 1.000 photos à caractère érotique pour démontrer une relation "dominant/dominé", nourrie de rapports "fougueux" mais "complices" et consentis. Les magistrats ne l'avaient alors pas mis en examen.

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"La violence était tout le temps là"

En juillet 2018, à la suite de son premier interrogatoire, Mounia Rabbouj a envisagé de retirer sa plainte. Elle a expliqué, sur les réseaux sociaux, avoir été influencée à porter plainte par ses anciens avocats alors qu’elle souhaitait seulement dénoncer les violences et les humiliations de Tariq Ramadan. Lors de sa seconde audition en juillet dernier, elle expliquait : "Le mot viol me fait peur" et a finalement choisi de maintenir sa plainte. 

"La violence était tout le temps là. Dans les gestes, les actes, dans les mots (...) c'était vraiment hard", a-t-elle expliqué à la magistrate, selon son audition consultée par l'AFP. En deux ans, elle a rencontré neuf fois Tariq Ramadan et elle explique s’être sentie "coincée" dans cette relation. "Il me menaçait de révéler au grand jour les choses que je lui avais racontées sur ma vie" mais "je n'ai jamais été d'accord avec le fait qu'il me brutalise", explique-t-elle. "Il voulait que je lui sois soumise totalement. Corps et âme", a-t-elle encore confié. "C'était comme une punition pour moi (...) je me disais qu'il avait le droit de faire ça parce que j'avais été une prostituée".

Après dix mois de prison, Tariq Ramadan a pu sortir en novembre 2018. Ces derniers jours, son contrôle judiciaire a été allégé et il doit désormais pointer au commissariat toutes les deux semaines. Il a également l’autorisation de quitter le territoire français, uniquement pour se rendre en Suisse, pour répondre aux convocations de la justice et où une enquête pour viol à été ouverte en 2018. 


P.G avec AFP

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