Tariq Ramadan renvoyé en procès à Paris pour des viols sur quatre femmes

par A.S
Publié le 7 juillet 2023 à 17h23

Source : TF1 Info

Deux juges d'instruction ont ordonné ce vendredi un procès devant la cour criminelle départementale de Paris pour l'islamologue suisse Tariq Ramadan.
Ce dernier est accusé de viols sur quatre femmes.
Les faits auraient été commis entre 2009 et 2016.

Il y aura bien un procès en France. Un peu plus d'un mois après qu'il a été acquitté d'accusation de viol et contrainte sexuelle par un tribunal suisse, la justice française a décidé de poursuivre le théologien suisse soupçonné de plusieurs viols dans différentes villes françaises. 

"Deux juges d’instruction co-saisis ont rendu ce jour une ordonnance de renvoi de Tariq Ramadan devant la cour criminelle départementale de Paris. Il y sera jugé des chefs de viols sur personne vulnérable commis entre 2009 et 2016", indique ce vendredi à TF1info une source judiciaire. Les victimes sont au nombre de quatre. La source judiciaire précise qu'une décision de non-lieu partiel a été rendue concernant deux plaignantes.

Les avocats dénoncent "un passage en force"

"Tenter de renvoyer une personne devant une juridiction de jugement alors que la Cour de cassation est saisie d'une requête en nullité concernant le point central de ce dossier est inadmissible", ont réagi auprès de l'AFP Mes Philippe Ohayon, Ouadie Elhamamouchi et Nabila Asmane, trois des avocats du Suisse.

La défense de M. Ramadan a en effet formé un pourvoi en cassation après la validation le 11 mai par la cour d'appel de Paris d'expertises psychiatriques capitales, qu'elle contestait. "Cet énième passage en force est un terrible aveu de faiblesse", ont-ils ajouté.

Des femmes sous emprise

Le 12 juillet 2022,  le parquet de Paris avait requis un procès aux assises pour l'islamologue, soupçonné de viols commis entre 2009 et 2016 sur quatre femmes. Il appartient depuis aux deux juges d'instruction chargés de cette affaire de rendre leur ordonnance finale, soit de mise en accusation devant une cour d'assises soit de non-lieu.

Le parquet avait justifié ses réquisitions par une notion qui a rythmé ce dossier: les victimes "se trouvaient toutes sous emprise" de Tariq Ramadan "au regard de l'admiration voire de la vénération qu'(il) exerçait sur elles".

Dans ce dossier emblématique de l'ère #MeToo, M. Ramadan, 59 ans, a d'abord nié avoir eu des relations sexuelles extraconjugales avant de reconnaître des "relations de domination", rudes mais "consenties".

L'affaire, qui a provoqué la chute de cette figure charismatique et contestée de l'islam européen, avait été déclenchée fin octobre 2017 par plusieurs plaintes.


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