Damien Abad accusé de violences sexuelles, un ministre dans la tourmente

La jeune fille qui a interpellé Macron dans le Tarn a reçu la visite des gendarmes dans son lycée

Virginie Fauroux
Publié le 11 juin 2022 à 11h48
JT Perso

Source : Sujet TF1 Info

Au lendemain de son vif échange avec Emmanuel Macron jeudi dans le Tarn, une lycéenne a eu la surprise de voir les gendarmes débarquer dans son établissement scolaire.
Elle l'avait interpellé au sujet de deux de ses ministres accusés de violences sexuelles.
La gendarmerie assure que cette visite ne partait pas d'une mauvaise intention.

Du haut de ses 18 ans, Laura voulait juste poser une question au président. Pas certaine d'y arriver, elle raconte dans La Dépêche du Midi : "Sa voiture s'est arrêtée à proximité. J'ai grimpé sur la barrière, car je suis petite et j'ai levé le bras. C'est tout", explique-t-elle. La suite, les réseaux sociaux se sont chargés d'en faire l'écho. La vidéo de son échange avec Emmanuel Macron a été vue plusieurs millions de fois. "Vous mettez à la tête de l'État des hommes qui sont accusés de viol et de violences pour les femmes (les ministres Gérald Darmanin et Damien Abad sont tous les deux accusés, le premier étant le seul faisant l’objet d’une enquête pour laquelle le parquet a requis un non-lieu), pourquoi ?", avait-elle lancé, lors du bain de foule du chef de l'État, jeudi 9 juin dans le Tarn.

Et sa réponse ne l'a guère convaincu. "Son 'Non, vous ne comprenez pas', me reste en travers de la gorge. Il m'a traitée comme une gamine", se plaint-elle dans le quotidien régional. Vexée, mais fière d'avoir eu le courage d'aller jusqu'au bout, elle assure n'avoir été téléguidée par aucune association ou parti.

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On est rapidement venu à l’échange avec Emmanuel Macron.

Laura

L'histoire aurait dû donc s'arrêter là, mais la visite des gendarmes dans son lycée, moins de 24h après, alors qu'elle est en cours, suscite son incompréhension. "Ils m'ont interrogée pendant 10 minutes. J'ai tenu la main du Président jusqu'à ce qu'il me réponde. On ne va pas en faire une histoire. Ce n'était peut-être pas l'endroit pour mon intervention, mais c'était l'occasion", poursuit-elle dans La Dépêche.

Maladresse ou tentative d'intimidation ? La gendarmerie de Gaillac est formelle : cette altercation "n’était pas l’objet de leur visite". En marge de son échange avec le chef de l'État, Laura avait raconté avoir été victime d'attouchements dans le métro il y a quatre ans, sans avoir porté plainte. Interrogée par Le Parisien, la commandante Laura Barbuto affirme que c'est ce dernier élément qui a motivé la visite des forces de l'ordre au lycée : "On s'inquiétait que [la jeune femme] puisse avoir été victime [d'agression sexuelle] et qu'elle n'ait pas pu porter plainte". 

Mais la jeune fille n'en est pas convaincue. "Ils m’ont demandé si je voulais porter plainte, mais ça a été très bref", raconte-t-elle, avant de poursuivre : "On est rapidement venu à l’échange avec Emmanuel Macron. Ils m’ont demandé ce que j’avais voulu faire, alors je leur ai dit que je souhaitais poser telle question, etc. Puis la gendarme m’a dit : 'Ce n'était pas à faire'". 

"Aucune infraction"

La gendarmerie du Tarn a depuis réagi sur les réseaux sociaux et présenté ses excuses. "Notre action visait simplement à prendre en compte cette personne, qui s’était présentée comme victime, pour lui proposer de recueillir une éventuelle plainte, ou à défaut pour lui proposer une aide, un accompagnement ou un relais pour rencontrer les associations locales pour lui porter assistance", est-il écrit sur Twitter. "Nous tenons à nous excuser auprès d’elle si notre démarche d’aller à sa rencontre au lycée pour échanger a été mal perçue et qu’elle considère que nous avons été maladroits", conclut le texte. 

La commandante de gendarmerie de Gaillac précise par ailleurs qu’il n’y a "aucune infraction" dans l’interpellation d’Emmanuel Macron par la lycéenne.


Virginie Fauroux

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