Ce vendredi matin, un homme "armé d'un couteau et d'une barre de fer", selon une source policière, a tenté de mettre le feu à une synagogue à Rouen avant d'être abattu par des policiers.
Selon le parquet, deux enquêtes ont été ouvertes.
TF1info revient sur ce que l'on sait de cette attaque.

Les forces de l'ordre ont probablement évité un drame, ce vendredi 17 mai au matin à Rouen. Vers 6h45, un homme armé qui tentait de mettre le feu à une synagogue de la ville a été tué par la police, a annoncé le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin. 

Les policiers sont "intervenus sur un signalement de dégagement de fumée près de la synagogue", a indiqué une source policière. Une source proche du dossier a ajouté que l'individu "était armé d'un couteau et d'une barre de fer, il s'est approché des policiers qui ont tiré, l'individu est décédé", ce qu'a confirmé le procureur de Rouen, Frédéric Teillet.

Le maire de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol, a expliqué qu'il n'y avait "a priori pas d'autres victimes que l'individu armé." 

Selon une source policière, l'homme abattu par les forces de l'ordre n'a pas été immédiatement identifié.

Deux enquêtes ouvertes

"Un individu s'est présenté devant la synagogue de Rouen. (...) Il a tenté de mettre le feu à la synagogue. Cette dernière étant sous vidéosurveillance, les pompiers et la police se sont rapprochés très rapidement. Sur place, l'individu s'est retourné sur nos collègues policiers", développait sur LCI, avant 9h, Frédéric Desguerre, secrétaire régional Normandie Unité SGP Police. Il a ajouté qu'un des agents, "après avoir intimidé au suspect l'ordre de se coucher et de s'arrêter, a fait usage de son arme pour le neutraliser." 

Le procureur de Rouen, Frédéric Teillet, a ensuite précisé que "deux enquêtes distinctes" ont été ouvertes : "Une première sur l'incendie volontaire visant un lieu de culte et sur les violences volontaires sur personnes dépositaires de l'autorité publique, et une deuxième sur les circonstances du décès de l'individu". La première enquête a été confiée à la Direction générale de la police nationale (DGPN) et la seconde à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), selon Frédéric Teillet.

Le Parquet national antiterroriste indique être en train d'évaluer s'il se saisit du dossier.

Cinq coups de feu tirés, quatre ont touché le malfaiteur

À l'occasion d'une conférence de presse ce vendredi midi, le procureur de la République a donné des détails sur les circonstances dans lesquelles l'individu avait été neutralisé. Requis peu avant 7 heures pour de la fumée s'échappant de la synagogue, des pompiers et des policiers se sont rendus sur place et ont constaté la présence d'un homme sur le toit du bâtiment qui "brandit une barre de fer dans une main et un couteau de cuisine dans l'autre" et qui "les invective". "Alors qu'ils tentent de convaincre l'individu de descendre du toit, celui-ci jette en leur direction la barre de fer qui s'avèrera être un burin de perforateur, puis, saute du toit et se dirige en courant vers un policier le menaçant du couteau qu'il porte, le bras toujours levé vers lui" a détaillé le magistrat. 

Le policier recule de plusieurs mètres, braque l'individu de son arme, et lui intime de cessé mais l'individu continue sa course, le couteau toujours levé vers le policier. "Après ces sommations restées sans effet, ce fonctionnaire de police aurait fait usage de son arme à cinq reprises, touchant l'individu quatre fois", a poursuivi le procureur. 

L'homme est décédé malgré les soins qui lui ont été prodigués par les pompiers. 

GARDE À VUE

Le policier qui a fait usage de son arme a été, comme le veut l'usage, placé en garde à vue le temps de l'exploitation des images de vidéosurveillance et du recueil de son audition."Je viens de visionner à l'instant ces images qui établissent à mon sens, que ce fonctionnaire de police a fait usage de son arme dans les conditions permises dans le code de sécurité intérieure. Sa garde à vue sera dont levée dès la fin de son audition", a fait savoir Frédéric Teillet ce midi. 

L'enquête se poursuit pour s'en assurer, grâce notamment aux investigations médico-légales qui sont en cours, le médecin légiste qui s'est déplacé ce vendredi matin sur les lieux pour la levée de corps procèdera à une autopsie en début d'après-midi.  

L'intervention des policiers unanimement saluée

Sur le réseau social X, Gérald Darmanin a "félicité" les policiers "pour leur réactivité et leur courage". 

L'édile Nicolas Mayer-Rossignol a lui aussi adressé ses remerciements "aux forces nationales, aux policiers municipaux, au SAMU, aux pompiers qui maîtrisent actuellement le départ de feu." Il a par ailleurs exprimé ses "pensées et soutien total à la Communauté israélite de Rouen."

Jean-Benoît Albertini, préfet de la Seine-Maritime, a également salué l'intervention des "policiers, pompiers et équipes du SAMU qui sont intervenus immédiatement." Il a aussi affirmé son "soutien à nos compatriotes juifs face à cette agression. L’État est et sera à leurs côtés pour leur sécurité, celle de leurs lieux de culte et garantir l’exercice de leur foi."

"Tenter de brûler une synagogue, c'est vouloir intimider tous les Juifs. Une nouvelle fois, on veut faire peser un climat de terreur sur les Juifs de notre pays. Combattre l'antisémitisme, c'est défendre la République", a affirmé sur X le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Yonathan Arfi.

Identité du suspect

Le procureur de la République de Rouen a indiqué ce midi qu'une "première identité" du suspect a été établie par "une seule carte de réseau de transports de Rouen dont il était porteur". Des investigations sont en cours pour vérifier s'il s'agit bien de l'identité de l'homme décédé. 

Selon les informations données par Gérald Darmanin une heure et demie après le magistrat, cet homme serait "d'origine algérienne" et n'aurait "pas d'adresse connue" en France. "Il n'était pas connu pour être dangereux. Il n'était pas connu des services de police", a précisé le ministre de l'Intérieur. Une source proche du dossier indique à LCI-TF1 qu'il serait né le 17 septembre 1995. 

Il avait déposé une demande en préfecture de Seine-Maritime en 2022 de titre de séjour étranger malade qui permet à des citoyens étrangers de se faire soigner en France pour certaines pathologies. Cette demande lui avait été refusée après consultation d'un médecin, a fait savoir Gérald Darmanin.  L'individu a alors fait l'objet d'un arrêté de conduite à la frontière "même s'il n'était connu ni des fichiers de renseignement pour radicalisation" (il n'était pas fiché S), ni "connu des services de police". "Il a fait un recours et fin janvier 2024, ce recours n'a pas abouti. Le tribunal a donné raison au ministère de l'Intérieur", a détaillé le ministre. Le procureur de la République de Rouen, Frédéric Teillet, avait précisé peu avant qu'il n'était pas non plus connu de la justice. 

Depuis, cet individu était inscrit au fichier des personnes recherchées. "L'ensemble du ministère de l'Intérieur a très bien fait son travail", a souligné Gérald Darmanin.  "Depuis quelques semaines, il était recherché par les forces de l'ordre. S'il avait été interpellé, on aurait évidemment mis cette personne en centre de rétention administrative pour une expulsion vers son pays d'origine. Mais il n'avait pas été contrôlé par les forces de l'ordre", a assuré le ministre, précisant qu'il ne connaissait pas les "motivations exactes de cet individu". 

Un contexte sécuritaire tendu

L'attaque survient dans un contexte d'augmentation des actes antisémites en France : début mai, le Premier ministre Gabriel Attal annonçait "366 faits antisémites" enregistrés au premier trimestre 2024, soit "une hausse de 300% par rapport aux trois premiers mois de l'année 2023".

Le 14 avril dernier, Gérald Darmanin avait demandé aux préfets de renforcer la sécurité devant les lieux de culte juifs ainsi que devant les écoles confessionnelles, au lendemain de l'attaque menée par l'Iran contre Israël.

Le ministre de l'Intérieur est attendu sur place à 13 h 30 ce vendredi. Il prendra également la parole face à la presse. 

Par ailleurs, sur le réseau social X, le maire de la ville, Nicolas Mayer-Rossignol, "appelle à un rassemblement républicain ce soir 18h devant l'Hôtel de Ville de  @Rouen à la suite de l'incendie de la synagogue et de l'agression survenus ce matin. Merci à toutes et tous". 


La rédaction de TF1info

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