Ce vendredi matin, un homme a tenté d'incendier la synagogue de Rouen avant d'être neutralisé par la police.
Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a donné peu après des précisions sur le mis en cause abattu par un fonctionnaire.

Comme tous ceux qui ont commenté les faits avant lui, il a dénoncé ce vendredi "un acte antisémite" qui "nous touche tous profondément". Ce vendredi, en début d'après-midi, le ministre de l'Intérieur s'est rendu à la synagogue de Rouen (Seine-Maritime), pour témoigner son soutien aux forces de l'ordre et constater l'ampleur des dégâts. 

C'est là que peu avant 7h ce jour, un homme armé a tenté de mettre le feu au bâtiment de culte israélite avant de menacer à l'aide d'un couteau de cuisine un jeune policier adjoint âgé de 25 ans qui le sommait, avec ses collègues, de se rendre. Face aux refus d'obtempérer, le fonctionnaire a fait usage de son arme à cinq reprises et a atteint sa cible de quatre coups de feu. Malgré les soins prodigués par les pompiers, l'individu a succombé à ses blessures. 

Gérald Darmanin a donné, peu après, des précisions sur le profil du suspect sans révéler son identité. TF1info fait le point sur ce que l'on sait de cet individu. 

Origine algérienne et sans adresse connue

À l'occasion d'une conférence de presse ce midi, Frédéric Teillet, procureur de la République de Rouen a indiqué qu'une "première identité" du suspect avait été établie par "une seule carte de réseau de transports de Rouen dont il était porteur" et que "des vérifications étaient en cours à ce sujet".

Selon les informations données par Gérald Darmanin une heure et demie après le magistrat, l'homme décédé, dont le corps va être autopsié cet après-midi, serait "d'origine algérienne" et n'aurait "pas d'adresse connue" en France. "Il n'était pas connu pour être dangereux. Il n'était pas connu des services de police", a précisé le ministre de l'Intérieur. Une source proche du dossier indique à LCI-TF1 qu'il serait né le 17 septembre 1995. 

Il avait déposé une demande en préfecture de Seine-Maritime en 2022 de titre de séjour étranger malade qui permet à des citoyens étrangers de se faire soigner en France pour certaines pathologies. Cette demande lui avait été refusée après consultation d'un médecin, a fait savoir Gérald Darmanin. 

L'individu a alors fait l'objet d'un arrêté de conduite à la frontière "même s'il n'était connu ni des fichiers de renseignement pour radicalisation" (il n'était pas fiché S), ni "connu des services de police". "Il a fait un recours et fin janvier 2024, ce recours n'a pas abouti. Le tribunal a donné raison au ministère de l'Intérieur", a détaillé le ministre. Le procureur de la République de Rouen, Frédéric Teillet, avait précisé peu avant qu'il n'était pas non plus connu de la justice. 

Inscrit au fichier des personnes recherchées

Depuis, cet individu était inscrit au fichier des personnes recherchées. "L'ensemble du ministère de l'Intérieur a très bien fait son travail", a souligné Gérald Darmanin. 

"Depuis quelques semaines, il était recherché par les forces de l'ordre. S'il avait été interpellé, on aurait évidemment mis cette personne en centre de rétention administrative pour une expulsion vers son pays d'origine. Mais il n'avait pas été contrôlé par les forces de l'ordre", a assuré le ministre, précisant qu'il ne connaissait pas les "motivations exactes de cet individu". 

"Un individu particulièrement dangereux"

Si l'homme neutralisé ce jour n'était pas connu pour être "dangereux", c'est bien "face à un individu particulièrement dangereux, particulièrement violent" que se sont retrouvés ce vendredi matin les policiers et les pompiers selon les mots de Gérald Darmanin. "Il les a menacés physiquement", a rappelé le patron de la place Beauvau face à la presse avant de saluer " la grande réactivité de la police nationale tôt ce matin". 

"En quelques secondes, deux patrouilles de police sont arrivées et ont quadrillé le site et cet individu, qui sans doute après avoir mis le feu, l'enquête le dira, a foncé avec un couteau sur un jeune policier adjoint de 25 ans qui, de ce que j'en sais, a été extrêmement courageux, extrêmement professionnel", a commenté Gérald Darmanin. 

"Je voudrais le féliciter ici et lui dire qu'il sera décoré par la République pour son soutien à la protection des lieux de culte et des personnes. Il a fait usage de son arme et il a eu raison de le faire parce que lorsque des policiers ou des gendarmes sont menacés de mort par des gens extrêmement dangereux, quand il menace la République, quand il menace les Juifs de France, quand il menace les femmes et les hommes qui habitent en France, les policiers et les gendarmes ont raison, d'après la loi et le code de déontologie nationale, d'utiliser leur arme et de ne pas hésiter à se protéger eux-mêmes et à protéger les autres", a-t-il encore insisté. 


A.S

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