Il prescrivait des psychotropes à tout-va : un médecin toulousain en détention provisoire

Publié le 2 février 2024 à 13h31

Source : Sujet TF1 Info

Un médecin de 64 ans vient d'être mis en examen et écroué à Toulouse.
Ce dernier était devenu le premier prescripteur de Prégabaline et/ou de Subutex sur le département de la Haute-Garonne.
Selon des patients, il leur prescrivait ces psychotropes sur demande.

Il était devenu le premier prescripteur de Prégabaline sur le département de la Haute-Garonne au cours de l'année 2022, devant les deux hôpitaux publics de Toulouse, le CHU Rangueil et le CHU Purpan réunis, ainsi que le premier prescripteur de Subutex sur le département de la Haute-Garonne.

Mercredi dernier, un médecin âgé de 64 ans, soupçonné d'avoir prescrit illégalement des psychotropes dans des quantités astronomiques et pendant plusieurs mois au moins, a été interpellé à Toulouse (Haute-Garonne) et placé en garde à vue. 

Un trafic et des revenus substantiels

Le sexagénaire s'est fait prendre après que, courant janvier, les services de police nationale du commissariat de Toulouse ont trouvé sur un individu vendant illégalement de la Prégabaline - prescrit normalement pour les douleurs neuropathiques, l'épilepsie ou encore les troubles anxieux - une ordonnance provenant du cabinet médical de ce médecin. Les enquêteurs ont immédiatement lancé des investigations.

"Plusieurs dizaines de prescriptions de ces deux médicaments, réalisées par ce médecin au bénéfice de patients, dépassaient très largement la posologie maximale quotidienne. De nombreuses pharmacies se plaignaient également des conditions de délivrance de ces médicaments par ce médecin", indique le parquet de Toulouse ce vendredi dans un communiqué. Par ailleurs, en novembre dernier, la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de la Haute-Garonne avait déposé plainte contre ce docteur. 

Entendus par les enquêteurs, certains patients ont déclaré que le médecin ne les auscultait pas, qu'il se contentait de leur délivrer une ordonnance de Prégabaline et/ou de Subutex, sans aucun examen médical, sur simple demande de leur part. L'un d'eux a aussi affirmé ne venir que pour se fournir en ordonnance dans le but de les revendre une fois délivrés, ce dont le médecin avait selon lui connaissance. "Les prescriptions de ce médecin semblaient ainsi alimenter un trafic sur l'agglomération toulousaine et lui permettre également de tirer des revenus substantiels versés par la CPAM", explique le parquet de Toulouse.

Mis en examen et placé en détention provisoire

Le médecin, dont le nom n'a pas été révélé, a été présenté ce jour à un juge d'instruction du tribunal judiciaire de Toulouse.

Il a été mis en examen pour "aide au mésusage ou à l'abus de médicament, plante, substance, préparation classée comme vénéneuse dans le cadre de l'exercice d'une activité réglementée, "escroquerie faite au préjudice d'une personne publique ou d'un organisme chargé d'une mission de service public pour l'obtention d'une allocation, d'une prestation, d'un paiement ou d'un avantage indu", et "cession ou offre illicite de substance, plante, préparation ou médicament inscrit sur les listes I et II ou classé comme psychotrope". 

Une autre affaire au même moment

Outre cette affaire, le parquet en révèle une autre d'une grande ampleur également dans le même domaine. Ainsi, il informe que, dans une procédure distincte, le service des douanes interpellait un individu âgé de 30 ans, inconnu de la justice, ayant importé depuis l'Inde des cachets de Prégabaline.

"Plus de 36.000 cachets de ce médicament étaient découverts à son domicile. Les investigations menées par le commissariat de Toulouse permettaient d'établir 70 livraisons de colis de Prégabaline au profit de cet individu entre l'année 2022 et le mois de janvier 2024. Une information judiciaire était également ouverte contre cette personne des chefs d'importation, détention et offre ou cession illicites de substance, plante, préparation ou médicament inscrit sur les listes I et II ou classé comme psychotrope. Son placement en détention provisoire était requis", détaille le parquet.


Aurélie SARROT

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