Le ministre de l'Intérieur a annoncé l'expulsion d'un imam algérien, Mohamed Tataïat, qui officiait à Toulouse.
Une décision qui fait suite à sa condamnation définitive pour provocation à la haine et à la violence envers la communauté juive.
Les avocats de l'imam entendent contester cette décision devant le tribunal administratif de Paris.

De nationalité algérienne, l'imam Mohamed Tataïat officiait à Toulouse. Il a été expulsé vendredi soir vers son pays d'origine, suite à sa condamnation définitive pour provocation à la haine et à la violence envers la communauté juive, a annoncé Gérald Darmanin. Par le biais d'un message sur le réseau social X, le ministre de l'Intérieur a fait valoir qu'"une nouvelle fois, la loi immigration (avait permis) d'expulser dans son pays d'origine en moins de 24 heures un imam de Toulouse, prêcheur de haine et condamné par la justice".

Une justice saisie en 2018

L'un des avocats de Mohamed Tataïat a réagi à cette annonce en dénonçant une "expulsion manu militari pour éviter qu'on fasse suspendre l'arrêté (d'expulsion)". Il n'y avait "pas d'urgence", a-t-il indiqué. L'imam "est sur le territoire français depuis 40 ans, il a des enfants, il travaille, il n'a pas fait parler de lui depuis sept ans, et là, il se retrouve dans un avion en direction de l'Algérie", a souligné Me Jean Iglesis. Ce dernier a souligné qu'une audience est prévue lundi au tribunal administratif de Paris. Elle aura pour but d'examiner une requête en référé des avocats de Mohamed Tataïat à l'encontre de cet arrêté d'expulsion.

Pour le conseil de l'imam, "ce qui se passe est d'une certaine gravité (...) une défiance à l'égard de la défense et de l'autorité judiciaire". Il affirme entre autres n'avoir pas eu accès à son client lorsqu'il était en instance d'expulsion à l'aéroport de Toulouse et ajoute que M. Tataïat n'avait pas reçu de notification d'expulsion.

Le religieux était arrivé en France en 1985 comme imam détaché algérien. Il avait rejoint Toulouse deux ans plus tard pour exercer au sein de la mosquée du quartier Empalot. C'est en juin 2018 qu'il s'est retrouvé dans le viseur des autorités : le préfet de Haute-Garonne avait alors signalé des propos tenus lors d'un prêche le 15 décembre à la mosquée En Nour. Pour le représentant de l'État, les paroles qui avaient été tenues constituaient "une provocation à la haine et à la discrimination à l'égard des juifs". 

Le 31 août 2022, Mohamed Tataïat avait été condamné par la cour d'appel de Toulouse à quatre mois de prison avec sursis pour ce prêche. Une décision de justice rendue définitive le 19 décembre dernier, lorsque la Cour de cassation a rejeté le pourvoi de l'Algérien. C'est le 5 avril que Gérald Darmanin a signé l'arrêté d'expulsion de l'imam. Ce dernier a été interpellé vendredi à son domicile sur autorisation du juge des libertés et de la détention, puis expulsé dans la foulée.


TD avec AFP

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