Tout juste nommée, la vice-présidente de la Commission inceste visée par une accusation d'agression sexuelle

par TD avec AFP
Publié le 7 février 2024 à 15h30

Source : Sujet TF1 Info

Une jeune femme porte plainte contre Caroline Rey-Salmon, la nouvelle vice-présidente de la Ciivise.
La représentante de la nouvelle commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants est accusée d'agression sexuelle.
Les faits se seraient déroulés durant un examen gynécologique, ils sont formellement contestés par l'intéressée qui se met en retrait ce mercredi.

Une plainte pour agression sexuelle a été déposée mardi à Marseille et vise la nouvelle vice-présidente de la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants, la Ciivise. La pédiatre et médecin-légiste Caroline Rey-Salmon, apprend-on, est accusée par une plaignante d'"agression sexuelle par personne abusant de l’autorité que lui confère sa fonction".

Une expertise qui se déroule mal

La femme de 25 ans à l'origine de la plainte rapporte une agression qui se serait déroulée le 27 juin 2020 à l'Hôtel-Dieu à Paris. Des faits intervenus au cours d'un examen gynécologique qui s'inscrivait dans le cadre d'une enquête judiciaire. Ayant porté plainte pour des faits de viols subis enfant entre 2004 et 2009, cette jeune femme aurait été prise en charge par Caroline Rey-Salmon : "Elle m'a auscultée, elle m'a dit qu'il n'y avait absolument aucune trace et que je me trompais parce qu'une enfant victime de viol vaginal avait forcément l'hymen déchiré, ce qui n'était pas mon cas", a rapporté la plaignante.

"Elle m'a dit qu'il avait dû se frotter, elle a posé ses doigts sur moi, a fait des mouvements de va-et-vient, m'a dit de fermer les yeux et d'imaginer que c'était le pénis de l'agresseur afin de me souvenir", a-t-elle ajouté. "J'ai été victime d'une nouvelle agression sexuelle durant l'expertise", conclut aujourd'hui la plaignante.

"Je conteste l'intégralité des accusations dont je fais l'objet, mais ne souhaite faire pour le moment aucun commentaire", a sobrement réagi Caroline Rey-Salmon, interrogée par France Info. L'intéressée, apprend-on ce mercredi, a fait le choix de se mettre en retrait de ses fonctions "pour préserver" la Ciivise "pour un temps". Dans un message WhatsApp consulté par Le Parisien, elle fait part de son souhait de voir la commission "travailler sereinement", ce qui justifie à ses yeux cette mise à l'écart temporaire.

La Ciivise fragilisée

La Ciivise, qui a pris acte de la décision de sa vice-présidente à travers un communiqué, insiste devoir "impérativement demeurer un espace d’accueil privilégié et protégé pour la parole des personnes victimes". Avant cette première communication officielle, le président de la commission Sébastien Boueilh avait indiqué mardi soir sur le plateau de Quotidien qu'il apportait son "soutien" à Caroline Rey-Salmon. "Si la victime a porté plainte, tant mieux, je pense que Caroline le fera aussi et la justice tranchera", a-t-il indiqué. 

Dans les rangs du gouvernement, on peut noter la réaction de la ministre chargée de l'Égalité femmes-hommes, Aurore Bergé. "Quand les victimes parlent (...) il faut d'abord les croire, mais la seule vérité qui peut à un moment exister dans notre pays, dans une démocratie, c'est la vérité judiciaire", a-t-elle fait savoir sur Europe1/CNews. "Ce que je ne veux pas, c'est que la Ciivise soit abîmée alors que ça a été un outil extrêmement important pour permettre à des milliers et des milliers d'enfants devenus des adultes de pouvoir témoigner".

Ce ne sont pas les premiers remous que connaît la Ciivise depuis sa mise en place : en décembre 2020, elle avait notamment connu un faux départ en confiant sa présidence à l'ex-garde des Sceaux Elisabeth Guigou. L'ancienne ministre socialiste avait in fine renoncé à sa mission, après avoir été citée parmi les proches du politologue Olivier Duhamel, accusé de viols incestueux par sa belle-fille Camille Kouchner.


TD avec AFP

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