Trafic de drogue : le parquet de Bobigny réclame un procès contre la maire de Canteleu et l'un de ses adjoints

par J.F. avec AFP
Publié le 28 décembre 2023 à 15h25

Source : JT 20h Semaine

Le parquet de Bobigny a requis un procès contre la maire PS de Canteleu (Seine-Maritime), Mélanie Boulanger, a-t-on appris ce jeudi.
Avec l'un de ses adjoints et 17 autres personnes, elle est soupçonnée de "complicité de trafic de stupéfiants".

Une maire soupçonnée de "complicité de trafic de stupéfiants". Les accusations visant l'édile socialiste de Canteleu (Seine-Maritime) et l'un de ses élus sont anciennes. Mais le 24 décembre, le parquet de Bobigny a décidé de réclamer le renvoi en correctionnelle de Mélanie Boulanger, de son adjoint Hasbi Colak, et de 17 autres personnes, a appris l'AFP ce jeudi 27 décembre, confirmant une information du Monde

Une mise en examen en avril 2022

Qu'est-il reproché à la maire, ex-tête de liste PS-EELV aux élections régionales de 2021 ? De s'être rendue "complice par aide ou assistance des délits de transport, acquisition, détention et offre ou cession non autorisés de stupéfiants" sur sa commune. Elle aurait aidé ce trafic "en fournissant des informations aux trafiquants sur les contrôles de polices, en les prévenant de la pose de caméras de vidéosurveillance ou en retardant l'installation de celle-ci, en demandant aux policiers d'éviter les contrôles sur certains secteurs" entre septembre 2019 et octobre 2021, selon les réquisitions.

Hasbi Colak est notamment soupçonné d'avoir fourni des informations aux trafiquants sur les contrôles de police ou d'avoir mis son véhicule de société à leur disposition. La plupart des 17 autres personnes visées sont mises en cause pour transport, détention ou vente de stupéfiants ; parmi elles figurent plusieurs membres d'une même famille de Canteleu au cœur de l'enquête, les Meziani.

C'est l'interpellation d'un membre de cette famille, en 2019 en Seine-Saint-Denis, qui avait lancé l'enquête. L'homme avait été arrêté au volant d'une voiture appartenant à une société dont Hasbi Colak était gérant. Une information judiciaire était alors ouverte pour trafic de stupéfiants et association de malfaiteurs et avait été menée par un juge de Bobigny.

Deux ans plus tard, en octobre 2021, Mélanie Boulanger et son adjoint avaient été placés en garde à vue lors d'un coup de filet anti-stupéfiants, puis remis en liberté le lendemain. L'édile avait affirmé n'avoir "aucun lien" avec les trafiquants de drogue de sa commune, dont elle est maire depuis 2014. En avril 2022, la maire et son adjoint étaient mis en examen pour complicité de trafic de stupéfiants. 

"Si ses déclarations et les documents qu'elle fournit montrent que, publiquement, celle-ci tentait de lutter contre les trafics de stupéfiants sur sa commune, les investigations ont démontré que parallèlement, elle 'travaillait' avec les Meziani en leur fournissant des informations essentielles à la pérennité et au développement de leur trafic de stupéfiants", indique le parquet, cité par Le Monde, qui précise toutefois que la maire et son adjoint n'ont pas profité financièrement du trafic de drogue.


J.F. avec AFP

Tout
TF1 Info