Un homme tué par une balle perdue à Dijon : un quartier déjà touché "par des violences avec armes"

par Benoît LEROY
Publié le 26 novembre 2023 à 17h11

Source : TF1 Info

Dimanche, le procureur de Dijon a fait un point sur les premiers éléments de l'enquête ouverte après la mort d'un habitant de Dijon, victime d'une balle perdue dans son appartement du quartier Stalingrad.
Selon le magistrat, des violences se sont déjà produites au niveau du point de deal visé dimanche dans la nuit.
Le préfet a annoncé, dans le même temps, un renforcement des opérations de lutte contre les trafics.

Plusieurs heures après le drame, l'ambiance est toujours pesante dans le quartier Stalingrad. Vers 0h30, dimanche 26 novembre, un quinquagénaire est mort après avoir reçu ce qui semble être une balle perdue. En fin d'après-midi, le procureur de la République a annoncé l'ouverture d'une enquête pour "meurtre en bande organisée". Alors que les "constatations" se poursuivaient encore dimanche en fin de journée sur place, les autorités locales sont revenues sur ce point de deal que surplombait l'appartement de ce père de famille mortellement touché dans son sommeil.  

Situé dans la rue Auguste Blanqui dans le quartier de Stalingrad, il était"référencé" et "connu" des services de police et la justice. En revanche, explique le magistrat, le point de deal n'était "pas extrêmement actif". Même si des "incidents" se sont déjà produits dans ce quartier. Dimanche après-midi, Olivier Caracotch a évoqué de précédents faits de "violences avec armes". Les proches de la victime ont, eux, confié à notre équipe leur souhait de quitter la ville. 

Plus largement, le procureur de Dijon s'est dit impressionné par la scène de crime, citant les nombreux "impacts [de balles] sur la façade" de l'immeuble. "Cela montre soit la détermination, soit leur inconscience totale", analyse-t-il ce dimanche.

Ce drame est aussi l'occasion pour les autorités locales de mettre l'accent sur les actions mises en place au cours des derniers mois. Selon Franck Robine, au moins 368 personnes ont été interpellées à Dijon depuis janvier dernier pour des faits liés aux trafics de stupéfiants. Dans le même temps, "1200 opérations de lutte [contre les trafics] ont été engagées" sur la même période, a précisé le représentant de l'État.

"Des point de deals, il y en a à Dijon, mais aussi partout en France. C’est un problème national qui gangrène le pays", a estimé pour sa part le maire de la ville François Rebsamen. "J’en appelle aux magistrats qui doivent sanctionner comme il se doit" les trafiquants.

La CRS 8 pour "porter un coup d'arrêt" aux trafics

À la suite de ce drame, le ministère de l'Intérieur a annoncé le déploiement immédiat de la CRS 8 spécialisée dans le maintien de l'ordre. L'unité sera déployée dès ce dimanche 26 novembre dans la soirée. 

"Tous les moyens nationaux et locaux sont mobilisés pour porter un coup d'arrêt à l'extension de la violence et des trafics sur Dijon (...). Ce combat sera perdu par les trafiquants. Ils perdront beaucoup et nous serons totalement (...) déterminés", a estimé Franck Robine, préfet de la région Bourgogne-Franche-Comté. La CRS 8 sera employée à intervenir, aux côtés des forces de police présentes en permanence à Dijon, "sur les points de deal répertoriés" afin de "rechercher des armes, des stupéfiants et tout moyen utilisés par les trafiquants", a-t-il ajouté.

Les consommateurs, l'autre "cible" des autorités

Ce dimanche, le préfet de la région Bourgogne-France-Comté est aussi revenu sur la répression contre les consommateurs de produits stupéfiants. En un an, les amendes forfaitaires délictuelles pour consommation de stupéfiants "ont augmenté de 80%", a rapporté le préfet. Ce dernier rappelant que de telles amendes sont inscrites dans le casier judiciaire des contrevenants.

En tout, 800 amendes ont été dressées depuis le 1ᵉʳ janvier dernier. Elles existent depuis le vote d'une loi en mars 2019 et fixe le montant de l'amende à 200 euros. Une somme abaissée à 150 euros en cas de paiement dans les 15 jours. Lutter contre les consommateurs "est aussi une cible (...) des forces de l'ordre", assume le préfet.


Benoît LEROY

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