Samedi 18 mai, un infirmier militaire a mis à ses jours alors qu'il était en détention provisoire à la prison de Fresnes.
Il était soupçonné du meurtre d'un soldat tchadien en septembre 2023.

Quatre jours après avoir été écroué, il a mis fin à ses jours. Soupçonné du meurtre d'un soldat tchadien en septembre au Tchad, un infirmier militaire a été mis en examen fin avril, ont appris nos confrères de l'AFP et du Parisien de sources proches du dossier. Écroué le 14 mai, il s'est suicidé quatre jours après. 

Pierre-Olivier K., âgé de 33 ans, avait été mis en examen le 26 avril pour homicide volontaire, a confirmé le parquet de Paris. Lui assurait avoir agi en légitime défense. Le jeune homme avait d'abord été placé sous contrôle judiciaire, avant d'être envoyé en détention provisoire à la prison de Fresnes le 14 mai, en banlieue parisienne.

Une enquête ouverte

Samedi 18 mai, il a été retrouvé pendu au sein du quartier des arrivants, selon deux sources proches du dossier. Ce secteur bénéficie de "rondes rapprochées", mais "il ne peut y avoir de personne pour surveiller en permanence" dans une prison de 1700 détenus, fait valoir l'une d'entre elles. Le jeune homme ne présentait pas "de signe précurseur" suicidaire, assure la seconde.

Des investigations sont en cours, dirigées par le parquet de Créteil selon lequel "les constatations, le courrier laissé par l'intéressé à ses proches et les résultats de l’autopsie confirment le suicide".

Ses parents et son conjoint demandent l'ouverture d'une autre enquête, déplorant le choix des magistrats d'incarcérer leur proche. "Le motif principal pour lequel la détention a été demandée était pour le protéger contre lui-même d'un suicide et pourtant, c'est cette incarcération qui l'a tué", s'est indigné auprès de l'AFP leur avocat, Me Patrick Ramaël. Jeudi 23 mai, ils ont porté plainte contre X, pour homicide involontaire et pour mise en danger de la vie d'autrui.

La version de l'infirmier "remise en question"

En septembre 2023, le soldat tchadien, venu sur l'antenne militaire de l'emprise Faya Largeau, a le doigt infecté et "vient pour une consultation médicale", selon le parquet de Paris. Le soldat sera retrouvé mortellement blessé atteint de "plusieurs balles". D'après le récit de l'infirmier livré à ses proches, le soldat l'a agressé à plusieurs reprises avec un scalpel. Et Pierre-Olivier K. se serait défendu en braquant son arme sur lui et en "faisant des sommations". Mais le soldat aurait persisté, en le menaçant avec une "paire de ciseaux", raconte Me Ramaël. Un autre militaire, "venu à la rescousse", a aussi tiré, poursuit l'avocat de la famille.

Une enquête est menée au Tchad. En parallèle, un juge d'instruction enquête aussi depuis Paris, sous la direction de la section des affaires pénales militaires du parquet. La version de l'infirmier sera alors "remise en question" par "les témoignages des primo-intervenants et les expertises", selon le parquet. Le Tchadien "a manifestement été victime de tirs mortels dans le dos et alors qu'il se dirigeait vers la sortie", explique le ministère public, qui estime que les blessures au scalpel constatées sur l'infirmier ont "pu être auto-infligées".


La rédaction de TF1info

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