Versailles : une jeune femme jugée pour s’être fait passer pour une victime des attentats de Paris

Aurélie Sarrot
Publié le 21 novembre 2016 à 8h00, mis à jour le 21 novembre 2016 à 12h25
Versailles : une jeune femme jugée pour s’être fait passer pour une victime des attentats de Paris

Source : Sipa

PROCÈS – Une jeune femme de 24 ans comparaît ce lundi devant le tribunal correctionnel de Versailles pour "escroquerie" et "tentative d’escroquerie". Fin 2015, elle s’était fait passer pour une victime des terrasses parisiennes attaquées par les commandos terroristes le 13 novembre, dans le but de toucher 20.000 euros d’indemnités.

Elle devait comparaître le 13 juin dernier mais ne s’était pas présentée au tribunal. Son avocat, maître Michel Warmé, avait alors expliqué que sa cliente allaitait son bébé et qu'elle ne pouvait donc le confier à un tiers. Ce lundi, Laura devrait cette fois bien être jugée par le tribunal correctionnel de Versailles (Yvelines). Originaire de Conflans-Saint-Honorine, cette jeune femme de 24 ans devra répondre de plusieurs délits ayant pour point commun le mensonge et l’usurpation. 

Pour obtenir un poste dans une officine, Laura avait d'abord assuré être titualire d'un diplôme en pharmacie. Puis pour obtenir des indemnités après les attaques qui ont fait 130 morts et plus de 400 blessés le 13 novembre 2015 à Paris, elle s’était faite passer pour une victime des attentats, avant d’être démasquée. C’est avec cette seconde affaire que son dossier est devenu médiatique. 

Une écharpe au bras, une photo volée...

Le 22 décembre 2015, Laura se présente au commissariat des Mureaux pour porter plainte. Elle assure alors aux policiers qu’elle se trouvait au bar Le Carillon, rue Alibert (Xe arrondissement de Paris), le 13 novembre au soir, et qu’elle y a été blessée au niveau du bras. 

Dix jours plus tard, les enquêteurs de la police judiciaire de Versailles, chargés de recenser les victimes du département par le parquet de Paris, interrogent cette femme sur cette terrible soirée. Echarpe de bras couvrant sa prétendue blessure, Laura présente des certificats médicaux attestant d’une nécessaire greffe de peau sur son membre. Elle leur met également sous les yeux le cliché de son bras, blessé… Puis elle dit avoir été "soufflée par une explosion" survenue dans le café de la rue Alibert… Sauf qu’il n’y a jamais eu d’explosion au Carillon, le café ayant été attaqué au fusil d’assaut.

Plusieurs incohérences

Cette incohérence ne sera pas le seul faux pas de la jeune femme, pressée de recevoir ses 20.000 euros d’indemnités. La Sous-direction antiterroriste de la police judiciaire (SDAT) reprend le dossier et relève une à une ses erreurs : les certificats du médecin ont été falsifiés, la photo du bras a été prise sur internet… Interpellée en février et placée en garde à vue, la jeune femme reconnaîtra les faits devant les policiers. 

Le Fonds de garantie des victimes d’actes de terrorisme et d’autres infractions (FGTI) s’est constitué partie civile dans ce dossier. La maison départementale de l’autonomie, ainsi que le médecin dont les certificats ont été falsifiés, pourraient eux aussi le faire. Pour ces faits, Laura encourt jusqu’à 5 ans de prison et 375.000 euros d’amende. 

En juillet dernier, une femme  âgée de 31 ans qui avait tenté de se faire passer pour une victime du Bataclan afin de toucher elle aussi des indemnités avait été condamnée à six mois de prison avec sursis et au versement d'un euro de dommages et intérêts au FGTI, qui s'était constitué partie civile. Au chômage, la trentenaire avait alors tenté de se justifier en déclarant avoir des "problèmes"d’argent et des "impayés". 

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