Un adolescent a été poignardé lundi devant son lycée, alors qu’il se rendait en classe.
Le jeune homme de 16 ans est décédé.
Une enquête pour homicide volontaire en bande organisée a été ouverte.

Nouveau drame devant un lycée dans le Val-de-Marne. Un adolescent a été mortellement poignardé lundi devant son lycée à Thiais alors qu’il se rendait en classe. Les faits se sont déroulés aux alentours de 8 heures, tandis que le jeune homme se rendait au lycée Guillaume Apollinaire. Poursuivi par un groupe d'adolescents puis poignardé au cœur, il n'a pas survécu à ses blessures. Un de ses camardes, présent au moment des faits, à quant à lui été blessé à la cuisse, mais ses jours ne sont pas en danger. 

Selon certains lycéens, cette agression intervient dans un contexte de rixes entre bandes rivales. "Ça fait plusieurs semaines et jours qu’il y a des tensions déjà, des policiers des fois qui les séparaient et qui nous disaient de ne pas rester devant le lycée", témoigne une élève, dans le reportage du 20H de TF1 en tête de cet article. 

Une attaque préparée

L’attaque aurait été préparée. "Le groupe des agresseurs était en situation de guet. Sur place, plusieurs objets susceptibles de constituer des armes ont été découverts, à savoir deux gazeuses, un club de golf cassé et un morceau de bois", a précisé le procureur de la République de Créteil, Stéphane Hourdin. Un couteau a également été retrouvé à quelques centaines de mètres du lieu de l’agression. Selon les premiers témoignages, les agresseurs, entre cinq et dix et auraient poursuivi les deux victimes "sur quelques dizaines de mètres". 

Une enquête en flagrance a été ouverte notamment pour "homicide volontaire commis en bande organisée" et confiée à la police judiciaire du Val-de-Marne. Le scénario d'une rixe entre bandes de jeunes de quartiers rivaux de Thiais et Choisy-le-Roi, deux villes limitrophes, est privilégié par les enquêteurs. Un premier suspect, originaire de Choisy-le-Roi, a d'ailleurs été interpellé vers 10h à son domicile. 

Il est connu de la justice "pour une série de faits de violences aggravées" qui lui valent une mise en examen dans une affaire distincte datant de 2021, a indiqué Stéphane Hardouin. Cet adolescent de 16 ans était placé sous contrôle judiciaire "avec interdiction de se rendre à Orly et à Thiais, sauf pour les besoins de sa scolarisation", a précisé le procureur. Il avait aussi déposé plainte pour des violences subies en décembre 2022 lors d'une rixe près du lycée où a eu lieu l'agression. Deux autres suspects, âgés de 15 et 16 ans, ont été arrêtés, a indiqué le parquet de Créteil dans la soirée. 

Des rivalités de bandes connues

À la suite du drame, la police s'est déployée autour du lycée Guillaume Apollinaire pour sécuriser les lieux. "Ça arrive souvent les embrouilles entre Thiais et Choisy, ça fait quatre ans que je suis dans ce lycée et chaque année il y a quelque chose comme ça", a témoigné auprès de l'AFP Lila, 18 ans. Selon la lycéenne, "il y a quelques mois, il y a déjà eu une bagarre" devant l'établissement, où la sécurité avait déjà été renforcée.

En effet, depuis plusieurs mois, des groupes de Thiais et de Choisy-le-Roi s’affrontent. Selon une source policière, les rivalités entre les deux villes "sont historiques et d'actualité". Vendredi dernier déjà, la police est intervenue alors qu'une quinzaine de personnes, mais pas les victimes de l'agression de lundi, se rendaient depuis Thiais en direction de Choisy, a appuyé Stéphane Hardouin. Certains étaient porteurs d'un couteau ou d'un marteau. Quatre de ces jeunes ont été présentés à la justice. 

"On est dans le cadre de rivalité de bandes, de telle ou telle ville, comme cela existe un peu partout en France, pour laquelle tous les prétextes sont bons : une rivalité sur fond de drogues, une rivalité amoureuse, des questions de réputation", a affirmé de son côté à l'AFP le maire LR de Choisy-le-Roi, Tonino Panetta, en faisant part d'une "pensée pour les parents des victimes". Des rixes à Paris et en Île-de-France ont causé plusieurs décès de jeunes ces dernières années, notamment dans le département voisin de l'Essonne ou dans la capitale. Le gouvernement a lancé en juin 2021 un plan interministériel pour lutter contre ce phénomène. 


Léa TINTILLIER

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