Affaire Narumi Kurosaki : le procès de Nicolas Zepeda

VIDÉO - Procès Narumi : les mystères d'un crime sans cadavre

Maxence GEVIN | Reportage Sept à Huit
Publié le 29 mars 2022 à 9h56, mis à jour le 29 mars 2022 à 19h16
JT Perso

Source : Sept à huit life

Narumi Kurosaki, jeune étudiante japonaise, s'est volatilisée en décembre 2016 à Besançon.
Son ex-petit ami chilien, présent en France au moment de la disparition, est au cœur des soupçons.
"Sept à Huit" retrace cette énigme criminelle hors normes, dont le procès s'ouvre ce mardi.

Le poison terrible de l'incertitude. Narumi Kurosaki, jeune Japonaise venue étudier en France, s'est soudainement volatilisée un jour de décembre 2016. Depuis cette date, elle n'a plus donné signe de vie après une rencontre avec son ex-petit ami. Aucun corps n'a non plus été retrouvé malgré d'importants moyens déployés. Finalement, après 5 ans d'enquête sur trois continents, le procès débute ce mardi devant la cour d'assises du Doubs. Le magazine de TF1 "Sept à Huit" retrace cette affaire des plus singulières dans la vidéo ci-dessus. 

Une disparition soudaine et inexpliquée

Fin juillet 2016, Naomi Kurusaki, 21 ans, s'installe en Franche-Comté pour apprendre le français. Originaire de Tokyo, la jeune femme fait la rencontre d'Arthur. Ensemble, ils multiplient les sorties et les projets. "C'était sa première expérience en Europe. Elle faisait plein de découvertes tous les jours. Je la voyais vraiment épanouie. Elle a commencé une nouvelle aventure avec moi", explique le jeune homme. Dans l'après-midi du dimanche 4 décembre, Narumi passe voir son petit ami sur le campus universitaire, juste après son cours de danse. C'est la dernière fois que le jeune homme dit l'avoir vue vivante. Pendant plusieurs jours, et après un message annonçant leur séparation, il insiste pour la revoir, en vain. Finalement, après 9 jours d'absence, les policiers ouvrent une enquête pour disparition inquiétante après avoir été alertés par l'université. 

Rapidement, les forces de l'ordre découvrent que Narumi a dîné, le soir de sa disparition, dans un restaurant. Elle y était accompagnée d'un homme. En fin de soirée, ils entrent ensemble dans la résidence universitaire de Narumi, filmés par une caméra de surveillance. Puis plus rien... Plusieurs voisins confieront, par la suite, avoir entendu des hurlements cette nuit-là, vers 3h du matin. "Dans la nuit, j'ai entendu des 'booms' sur les portes et les meubles. Après j'ai entendu un cri strident, très aigu. Ça s'est arrêté au bout d'une minute puis ça a repris. Je n'ai pas pu bouger, j'étais vraiment terrifié", affirme Anne-Laure, qui habitait au même étage. 

Nicolas Zepeda : un ex-petit ami, au centre des suspicions

Les enquêteurs ont diligemment identifié le principal suspect, celui qui a été - semble-t-il - en contact avec la jeune fille jusqu'au tout dernier moment. Il s'agit du Chilien Nicolas Zepeda. L'histoire entre ce Sud-Américain et Narumi a débuté deux ans plus tôt, au Japon. Issu d'une famille aisée, Nicolas est alors très populaire. L'alchimie est immédiate. Quand Nicolas Zepeda retourne dans son pays après son année d'échange, Naomi passe un mois en Amérique du Sud où elle rencontre ses parents.

Il y avait beaucoup de disputes, de crises de colère

Benjamin Del Prado, meilleur ami de l'époque du suspect

Un premier basculement a lieu début 2016 lorsque Nicolas retourne au Japon pour trouver du travail et par amour. Il s'installe dans le studio de Narumi. Leur relation se serait alors dégradée. "Une fois, elle m'a dit qu'elle n'était pas totalement à l'aise, que c'était une décision étrange de quitter le Chili juste pour être avec elle. Il n'avait plus rien à faire. Il y avait beaucoup de disputes, de crises de colère", note Benjamin Del Prado, meilleur ami de l'époque de Nicolas. 

Quelques mois plus tard, en juillet, Narumi s'envole pour son année d'études en France, laissant son petit ami seul au Japon. La jeune femme affiche sa nouvelle vie sur les réseaux sociaux, entourée de ses nouvelles connaissances. Un épanchement que Nicolas aurait difficilement supporté. En septembre de la même année, il publie d'ailleurs un message en forme d'ultimatum sur Youtube. "Récemment, Narumi s'est mal comportée. Elle doit montrer que je peux lui faire confiance. Et payer le prix pour ce qu'elle a fait", cingle-t-il alors. C'est la goutte de trop pour la jeune fille qui décide de mettre fin à la relation en octobre. Une décision "injuste" que Nicolas peine à encaisser. 

L'achat d'un spray de javel et d'un baril de pétrole

Las, le suspect quitte le Japon et atterrit - le 29 novembre, soit quelques jours avant la disparition de Narumi - à Genève. Après avoir loué une voiture, équipée d'un système de géolocalisation, il effectue des achats pour le moins surprenants : un spray à la javel, un bidon de pétrole de 5 litres et des allumettes. Il aurait ensuite attendu le 4 décembre pour aborder Narumi et lui proposer de dîner. Un rendez-vous d'ordre amical, soutient le Chilien. "Je crois que, quand on fait autant de kilomètres, ce n'est pas juste pour être amis. L'objectif n'était pas seulement de passer une soirée avec Narumi", réfute Randall Schwerdorffer, avocat d'Arthur Del Piccolo. 

Après cette soirée, le mystère s'épaissit encore un peu plus. La voiture de Nicolas Zepeda ne repart que 30 heures plus tard. Après un court déplacement dans une forêt de la région - que les enquêteurs écumeront sans succès à la recherche d'un potentiel cadavre -, il se rend en Espagne, chez son cousin. "Ils vont avoir une discussion, initiée par Nicolas, sur le temps que l'on met pour décéder en cas d'asphyxie. C'était suffisamment significatif pour que ça interpelle, y compris sa propre famille", expose Randall Schwerdorffer. 

Lire aussi

Si la justice française va rapidement avoir le jeune homme dans son viseur - qualifiant notamment sa "personnalité d'inquiétante et envahissante" - l'extradition vers l'Hexagone n'est finalement accordée qu'à l'issue d'une longue procédure. Depuis, Nicolas Zepeda est emprisonné à la maison d'arrêt de Besançon, dans l'attente de son procès. Celui-ci débute ce mardi. Dans ce dossier très particulier, car sans cadavre ni véritable preuve accablante, le suspect, accusé d'assassinat, risque la réclusion à perpétuité. 


Maxence GEVIN | Reportage Sept à Huit

Tout
TF1 Info