Plusieurs informations judiciaires ont été ouvertes en France après les décès et les blessures graves d’automobilistes.
La cause est à chaque fois la même, une explosion de l’airbag ayant transformé une pièce métallique en projectile.
"Le but est de comprendre comment on a pu laisser rouler des véhicules qu’on savait dangereux", s’interroge Grégory Guyard, avocat de familles de victimes.

Ils dénoncent "une hécatombe de cas constatée en quelques mois". Les membres de l’association ADVAirBag, fondée en Guadeloupe, se mobilisent pour obtenir réparation après une série d’incidents ayant affecté les propriétaires de véhicules de la marque Citroën aux airbags défectueux, fabriqués par le sous-traitant japonais Takata. Le groupe dénombre "plus de six décès" ainsi que "des dizaines de mutilés dont la plupart auraient pu être évités". "L’essentiel des blessures ou bien malheureusement le décès, est non pas dû à l’accident en lui-même, mais à l’explosion du système d’airbag et plus spécifiquement à une petite pièce métallique", explique sur LCI Grégory Guyard, avocat de familles de victimes.

Près de 300.000 véhicules rappelés en France

C’est ce qui a notamment provoqué la mort de Tristan à l’âge de 26 ans l’an dernier, à la suite d’un accident de la route mineur à Pointe-à-Pitre. "L’autopsie a révélé un impact dû à un objet métallique qui a été projeté par l’airbag", note son père Bruno Guérin, membre de l’association ADVAirBag interrogé par TF1 dans la vidéo en tête de cet article. "Je ne pourrai pas m’arrêter tant que les responsables ne seront pas punis", poursuit-il, très ému.

Le Parisien évoque également le décès d’une femme de 44 ans, toujours en Guadeloupe, dans les mêmes conditions. "L’autopsie a permis de révéler que le décès résultait de la projection d’un élément métallique de l’airbag conducteur en direction de la tête de la victime, l’airbag s’étant déclenché sans choc préalable", précise au quotidien le procureur Xavier Sicot. Plusieurs informations judiciaires ont été ouvertes pour faire la lumière sur ces drames, qui ont aussi été recensés en Guyane et à La Réunion.

Airbags défectueux de Citroën : des décès suspectsSource : TF1 Info

"Le but est de comprendre comment une campagne de rappel plus massive n’a pas eu lieu, comment on a pu laisser rouler des véhicules qu’on savait dangereux à la suite d'accidents que Citroën connaissait parfaitement", insiste l’avocat Grégory Guyard. Au début du mois de mai, le constructeur a rappelé plus de 600.000 de ses modèles C3 et DS3 dans une vingtaine de pays en raison de ce problème d’airbag.

Sont concernés des véhicules produits entre 2009 et 2019, qui ne sont plus commercialisés par la marque aujourd’hui. En France, ce sont 181.734 voitures C3 et 65.149 DS3 qui sont visées par cette procédure. Mais seul le sud du pays est concerné par le rappel, c'est-à-dire les régions situées "au sud d'une ligne Clermont-Ferrand/Lyon", car la détérioration du gaz peut être favorisée par la chaleur et l'humidité.

"Lorsque le gaz se détériore, il peut affecter un certain nombre de pièces qui constituent l'airbag, et lorsqu'il se déclenche en cas d'accident, il pourrait y avoir des particules ou des petites pièces qui pourraient être projetées avec le coussin gonflable et occasionner des blessures", a précisé le porte-parole.  Des courriers ont été envoyés au début du mois de mai par Citroën aux propriétaires des véhicules concernés, qui doivent s'enregistrer en ligne et sont ensuite contactés pour planifier la réparation chez un concessionnaire, prise en charge par le constructeur.


D.D.F.

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