15.000 euros volés en une semaine : le cauchemar de restaurateurs victimes de l'arnaque au terminal de paiement

M.L | Reportage TF1 Vincent Capus et Christine Guérard
Publié le 13 décembre 2022 à 12h19

Source : JT 20h Semaine

Il y a quelques mois, des escrocs ont réussi à subtiliser des terminaux de paiement de carte bancaire et à les échanger avec un nouvel appareil pour détourner de l'argent.
Neuf commerçants ont porté plainte.
Ce réseau, dont le préjudice cause s'élève à 300.000 euros et qui sévissait dans tout le pays, vient d'être démantelé.

En à peine une semaine, il a perdu entre 10.000 et 15.000 euros : le restaurateur Cyril Dufour a été victime, en plein festival de Cannes, dans les Alpes-Maritimes, d'une arnaque au terminal de paiement électronique (TPE), qui permettent aux clients de régler leur repas par carte bancaire. C'est en consultant les images d’une caméra de surveillance que le responsable du restaurant "Byron Pub" a compris, malheureusement trop tard, le mode opératoire des escrocs. "Il est venu régler au comptoir, ma collègue lui a donné le TPE. Il est sorti avec, il avait une sacoche avec un autre TPE, et les a échangés", explique-t-il dans le reportage du 20H de TF1 en tête d'article. 

Ce tour de passe-passe lui a permis de laisser au restaurateur un autre terminal identique au premier, mais relié au compte bancaire de l'arnaqueur. Au total, neuf commerçants auraient été victimes de cette escroquerie au mode opératoire discret, et ont déposé plainte.  Après six mois d'enquêtes, des policiers spécialisés dans la criminalité financière, six personnes ont été interpellées, dans les Alpes-Maritimes et en région parisienne.

Un mode opératoire très difficile à répérer

"C'est un peu comme en magie, le commerçant ne s'en apercevait pas. Et pendant 48 heures, voire 72 heures, toutes les cartes bancaires qui passaient par ce TPE n'alimentaient pas le compte du commerçant, mais celui d'une structure, une personne morale créée de manière fictive", explique Jérôme Vial, commissaire de police, chef de la division économique et financière de Nice. 

Sur les tickets de carte bleue, le nom de l'usurpateur apparaît, mais les serveurs, souvent surmenés aux heures de plus forte affluence, n'y prêtent pas forcément attention. "À la fin du service, pour effectuer notre journal de caisse, on se sert de la télécollecte, c’est-à-dire l’addition de toutes les cartes bleues de la soirée. Mais, là, il n’y a pas la raison sociale de l’établissement", ajoutait aussi en juillet dernier auprès du 20H de TF1 une autre victime présumée, Jean-Pierre Guilloty, le propriétaire du "Pub Morisson" à Cannes.

En tout, le préjudice causé par les escrocs s'élève à 300.000 euros. Échaudés par cette arnaque hors norme, les restaurateurs sont désormais très vigilants au moment des encaissements. "Nous avons numéroté toutes nos machines et nous changeons nos codes pratiquement toutes les semaines, afin que l'on puisse détecter notre propre matériel, et non du matériel amené pour remplacer le nôtre", appuie Eric Murat, directeur du restaurant "New York New York", toujours à Cannes. Les auteurs présumés de ces faits d'escroquerie en bande organisée et association de malfaiteurs risquent jusqu'à dix ans de prison et un million d'euros d'amende.

Ce n'est pas la seule affaire d'arnaques aux terminaux de paiement à faire surface ces derniers mois : au printemps, la police judiciaire parisienne avait démantelé un réseau soupçonné d'avoir extorqué trois millions d'euros à de grandes enseignes commerciales à travers la France. 

Plutôt que de substituer des appareils, quatre hommes étaient soupçonnés d'avoir acheté une centaine de TPE vierges, avant de les paramétrer avec les données bancaires et codes d'identification de nombreux magasins. Ils auraient ensuite inséré des cartes bancaires obtenues frauduleusement, en configurant la machine en mode "remboursement". Ce qui permettait de débiter les comptes des enseignes, sans jamais réaliser d'achats.


M.L | Reportage TF1 Vincent Capus et Christine Guérard

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