Un convoi pénitentiaire a été attaqué dans l’Eure, mardi en fin de matinée, alors qu’il acheminait un détenu entre Rouen et Évreux.
Qui est chargé de transporter ces prisonniers et quelles sont les règles ?
On fait le point.

Transférer un prisonnier de sa cellule jusqu'au tribunal ou vers l'hôpital. Si jusqu'en 2019, cette mission était assurée par les gendarmes ou les policiers, elle est désormais prise en charge par l'administration pénitentiaire, qui prévoit trois agents par véhicule. Le détenu, lui, est systématiquement menotté. 

C'est dans ces conditions que deux d'entre eux sont décédés et trois autres grièvement blessés mardi 14 mai à hauteur du péage d'Incarville (Eure), sur l'A154. L'attaque de leur fourgon, accompagné d'un utilitaire de l’administration pénitentiaire, s'est déroulée peu après 11 heures, alors qu'un détenu était en cours de transfert de la prison d'Évreux vers le tribunal de Rouen. Selon une source policière, l'attaque a été menée par un commando de plusieurs malfaiteurs, faisant feu à plusieurs reprises afin de libérer le détenu qui se trouvait à l'intérieur. 

Une unité spéciale en charge des transferts

Contrairement aux agents présents à l'intérieur des prisons, les missionnés font partie de l'équipe locale de sécurité pénitentiaire, une unité spéciale. Ces agents formés et armés, qui sont plus d'un millier en France, sont également équipés de gilets pare-palles. En 2023, ils ont assuré près de 30.000 transferts. 

Lors de l'attaque ce mardi, le convoi pénitentiaire n'avait pas d'escorte de la police ou de la gendarmerie, selon une source proche du dossier auprès de l'AFP. La raison ? Le détenu désormais en fuite n'était pas considéré comme particulièrement surveillés (DPS). Selon cette même source, une escorte n'est pas "systématique" et est déployée à la demande de l'administration pénitentiaire. 

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a aussitôt déclenché le "plan Epervier". Au total, 200 gendarmes sont mobilisés, principalement des gendarmes départementaux et des motards de l'Eure, mais également de départements voisins (Seine-Maritime, Calvados, Val-d'Oise et Yvelines), ainsi qu'un hélicoptère, a détaillé la gendarmerie. 

Une équipe du GIGN a par ailleurs été engagée pour participer à la traque de l'évadé et de ses complices. Le garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti a souligné qu'il s'agissait de la première fois depuis 1992 qu'un agent pénitentiaire était tué dans l'exercice de ses fonctions. 


M.T | Vidéo TF1 Ignacio Bornacin

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